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  • Le Relais des Insectes Voyageurs


    Le RIV ou Relais des Insectes Voyageurs fut créé pendant le règne de Shaïli Angama, période souvent considérée comme l’âge d’or de l’Ordre Ophrys.
    Cela faisait une vingtaine d’années que la Valoki était un pays à part entière, ses frontières s’étendaient alors jusqu’au Calsynn. À cette époque, l’immense nation tropicale englobait aussi les territoires qui réclameraient bien plus tard leur indépendance sous le nom de Nemosia.

    Les Sœurs Ophrys tenaient à ce que leur société se détache au maximum de la technologie industrielle. Mais sans les engins volants fabriqués dans les usines des Thars, certaines distances à parcourir pouvaient rendre les voyages extrêmement longs.
    L’usage des ballons dirigeables se généralisa rapidement pour effectuer de longs trajets. Cependant, ils s’avéraient assez lents et il n’était pas toujours pratique de devoir se limiter aux horaires ou aux destinations des transports en commun.

     

    Seules les moniales étaient capables d’utiliser le Seid pour chevaucher des insectes sociaux. Mais les aporims et les vespères, indispensables à leurs colonies, ne pouvaient effectuer de très longs parcours. Même les Sœurs avaient besoin de trouver d’autres moyens de voyager.
    L’idée du Relais des Insectes Voyageurs fut développée par une famille d’éleveurs valokins de la province du Jailong. Cette famille fut pionnière dans le dressage de montures ailées, les premiers élevages s’étant jusqu’alors limités aux usages agricoles.

    Les escarabes avaient été les premiers insectes géants domestiqués, d’abord pour leur chair et leurs œufs. Leur docilité permettait également de les utiliser pour les labours et comme animaux de bât. Mais s’ils se montraient très endurants et capables de transporter de lourdes charges, leur lenteur ne favorisait pas les voyages au long cours.
    Les autres animaux d’élevage tels que les copoces, triules, plismes… ne pouvaient servir de montures pour des raisons morphologiques ou comportementales.

    Après des tentatives infructueuses sur diverses espèces, les dresseurs de montures commencèrent à obtenir des résultats intéressants avec des locustrelles et des locristes.


    Ces deux familles proches d’insectes herbivores possèdent des ailes et des pattes arrière très longues et musclées, leur permettant d’effectuer de grands sauts.
    Les locustrelles se servent de leurs ailes pour prolonger leurs bonds en planant dans les airs, tandis que les locristes sont réellement capables de voler. Il en existe des dizaines d’espèces réparties sur tout l’hémisphère nord.
    Leur usage se généralisa rapidement, même jusqu’au Tharseim pendant la belle saison. Durant quelques années, ce furent les seuls types de montures ailées utilisées par le RIV. Puis l’on parvint même à dresser les membres d’une autre grande famille d’insectes, carnivores ceux-là : les odolules.

     

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    Au fil du temps, les odolules devinrent les montures volantes privilégiées du Relais des Insectes Voyageurs.
    En dépit de leur rôle naturel de prédateurs, elles n’attaquent jamais les humains. Elles volent bien plus rapidement que les locristes et vivent aussi plus longtemps à leur stade d’imago (l’âge adulte).
    En revanche, leur élevage représente de plus grandes difficultés en raison de leur premiers stades de développement.
    En tant que larves, les odolules sont d’abord des animaux aquatiques.
    Les élevages doivent donc se situer près de rivières, d’étangs ou de lacs. Il faut patienter de longs mois pour qu’elles atteignent leur dernier stade de développement. Et là seulement peut commencer leur dressage en tant que montures aériennes. Il reste avantageux pour les éleveurs de suivre leur évolution dès la sortie de l’œuf, afin qu’elles soient déjà habituées à la présence humaine au moment de leur premier envol.


    La plupart des points d’accueil du RIV sont des fermes-auberges basées sur le même fonctionnement.
    D’une part, un élevage où sont dressées et soignées les montures. De grands enclos en dôme sont utilisés pour parquer les animaux disponibles, en général entourés de bâtiments abritant sellerie, infirmerie et réserves de nourriture, sur le modèle du caravansérail terrestre.
    D’autre part, une auberge pour accueillir les voyageurs qui louent les insectes. Elle propose le gîte et le couvert pour des tarifs très variables selon les endroits, pouvant aller du simple au double.
    Les infrastructures et la main d’œuvre nécessaires au bon fonctionnement de ces établissements imposent une gestion en équipe, bien souvent familiale.

     

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    Toutes les montures du RIV sont louées à la journée. Elles sont dressées pour rentrer toutes seules dans leur élevage d’origine, dès qu’elles sont relâchées après une bonne nuit de repos. Il est donc primordial pour les voyageurs de savoir se diriger vers leur prochaine halte du jour qui est toujours définie à l’avance. Tous les relais successifs sont distants maximum d’une journée à vol d’odolule.
    Il est formellement interdit de déroger à ces règles.
    Des pauses régulières sont effectuées, en moyenne toutes les deux heures. En général, les propriétaires fournissent des rations de nourriture séchée qu’ils accrochent à la selle de la monture pour qu’elle reprenne des forces lors de ces pauses.

    Les odolules portent une muselière en vol pour leur éviter de se mettre en chasse d’autres insectes.
    Elles ont très peu de prédateurs et sont éduquées à voler en altitude lors de leur voyage retour. Les accidents sont rarissimes. Si par malheur l’animal ne rentre pas ou qu’il est blessé en arrivant dans sa ferme, le locataire de la monture risque de devoir rembourser le dresseur à la hauteur du préjudice subi. Peut s’y ajouter une peine de prison en cas de maltraitance avérée, selon le pays.

    Pendant plusieurs siècles, le Relais de Insectes Voyageurs resta le moyen de transport individuel privilégié sur l’ensemble des Ceintures Tropicale et Désertique.
    C’est seulement dans le Tharseim que les insectes volants ne purent jamais prendre autant d’importance que les véhicules technologiques. D’une part en raison de la longue saison hivernale pendant laquelle les arthropodes hibernent ou meurent… mais aussi en conséquence des décisions économiques et politiques des dirigeants qui se sont succédé à la tête de la grande nation nordique.


    Dans le Calsynn, l’avènement de certains clans de pillards a compliqué les choses quelques années avant que débutent les aventures de Naëlis Dirmel et Elorine Sequoia racontées dans les romans. Les voyageurs isolés et les caravanes peuvent être ciblés par des attaques de ces pillards dont certains pratiquent l’esclavage.
    La traversée du Calsynn n’a jamais été facile en raison des dangers représentés par les animaux carnivores, l’aridité du désert et la fréquence des tempêtes de sable. Elle est récemment devenue encore plus périlleuse. Le Relais des Insectes Voyageurs a fini par disparaître complètement de la Ceinture Désertique.

    Après que la Nemosia ait pris son indépendance vis-à-vis de la Valoki, les relations sont tout de même restées cordiales entre les deux nations. Les insectes du RIV et leurs passagers ont longtemps pu circuler librement dans toute la Ceinture Tropicale.
    Mais depuis quelques décennies, les Nemosians se sont nettement rapprochés des Thars. Ils ont favorisé la production industrielle dans tous les secteurs de leur économie. Les aérodocks se sont développés dans la plupart des agglomérations, au détriment du RIV dont les établissements tendent à se reconvertir.


    Même la paisible Vallée des Mousses, dont les habitants ont vécu sans technologie moderne pendant si longtemps, ne compte plus qu’un seul relais dans le village de Rizom. De moins en moins fréquenté par des voyageurs à dos d’insecte, il risque là aussi d’être remplacé un jour par une piste d’atterrissage pour les vaisseaux modernes.

     

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    En ce début de 7ème siècle, il n’y a plus qu’en Valoki que le Relais des Insectes Voyageurs n’est pas menacé de disparition, à plus ou moins long terme. Il y est toujours autant utilisé depuis l’époque de sa création.
    Du moins, c’est ainsi que se présente la situation au début des romans… Beaucoup de choses sont amenées à changer au fil de la trilogie en cours.

    C’est un monde en changement.
    Aussi, toutes les situations présentées sur ce blog sont antérieures au début du premier livre. C’est l’occasion de rappeler que les lecteurs et lectrices peuvent parcourir l’ensemble des textes mis en ligne ici, sans y trouver de révélations sur les intrigues des romans.

    D’ailleurs le deuxième tome de la trilogie avance bien, je pense toujours le publier avant la fin de cette année.
    Et d’ici là, il y aura sûrement d’autres articles à lire sur le blog…

    Je vous souhaite un très bel été.




  • Les peuples du désert


    Je ne sais pas si quelqu’un lira ce modeste carnet de voyage un jour…
    Dans cette éventualité, peut-être souhaiterez vous savoir que je m’appelle Fileas Meyo.
    Je suis né dans le Tharseim où je suis resté jusqu’à mes 27 ans. À vrai dire, fils d’immigrés, je ne m’y suis jamais senti chez moi. Après une série de mésaventures, tant professionnelles que personnelles, j’ai décidé de tenter une autre vie ailleurs… et retrouver mes racines. Celles de mes parents.

    Je me suis d’abord mis à suivre les traces de mon père, Bakir Meyo, dans le Calsynn où il est né. J’ai suivi le même chemin qu’il avait parcouru il y a de nombreuses années alors qu’il n’avait que 15 ans… mais dans l’autre sens. Et voilà qu’à l’instar de mon père, je me mets à écrire moi aussi. Dans nos rares échanges par lettres depuis que je suis parti (certaines caravanes acheminent heureusement du courrier), ma mère m’a d’ailleurs confié qu’elle trouve que nos styles se ressemblent un peu.

    Comme lui, je suis passé par Ombrouge où j’ai traversé la frontière, avant de trouver une caravane pour longer le désert par la voie terrestre et m’amener au bord de l’océan Armaz.

    Entre le désert et la mer


    Deux semaines de marche furent nécessaires pour arriver sur le territoire du clan Meyo.
    Dépaysement total pour moi, et je dois dire assez brutal. Même si je m’étais préparé à ce que j’allais trouver dans le Calsynn, l’imaginer et le vivre sont des choses bien différentes.
    Le changement de climat était déjà déconcertant. L’aridité, la poussière, la chaleur… Et puis les moyens rudimentaires auxquels sont habitués les Calsy pour subsister, comme pour affronter les insectes prédateurs encore si nombreux dans ces contrées désertiques.
    Ces gens sont tout aussi déroutants que leur pays quand on arrive du Nord.
    Je ne me suis pas senti très à mon aise auprès des caravaniers qui effectuaient la navette régulière depuis la citadelle frontalière. Mais ils m’ont quand même mené à bon port.

    Je me souviendrai toujours de mon arrivée dans le village où mon père passa son enfance.
    Les dunes de sable plongent alors subitement dans l’étendue d’eau bleue qui semble s’étendre jusqu’à l’infini. Comme deux mers qui se rencontrent.

    Parmi les autres peuples du Calsynn, les Meyo sont souvent considérés avec une crainte superstitieuse. Comme les gardiens d’un autre monde.
    Les autres habitants du désert ont peur de l’océan qui leur est inconnu.

    entre mer et désert


    Le clan Meyo forme de modestes tribus de pêcheurs. Leur réputation est bonne auprès des autres Calsy, mon patronyme m’a valu un certain respect la plupart des fois où je l’ai mentionné dans le reste du pays.
    Pacifiques et honnêtes gens aux dures journées de labeur, ils font partie des plus civilisés. Ceux que l’on peut considérer comme des « producteurs ».
    Leur accueil fut d’abord des plus chaleureux. Ils m’ont considéré comme un membre de la famille.

    Chaque clan du Calsynn est constitué de plusieurs tribus, certaines regroupées dans un secteur alors que d’autres sont dispersées dans tout le pays. Une partie des clans sont sédentaires, d’autres semi-nomades ou entièrement nomades.
    Le village où est né mon père est bâti dans une crique à l’abri des vents dominants qui balaient les côtes de l’océan. Ce qui ne l’empêche pas d’être frappé par de violentes tempêtes, de temps à autre.

    Ils vivent dans une telle simplicité… je dirais même une certaine misère. Pour moi qui n’avais connu que les mégapoles nordiques, ce fut un choc.
    C’est pourtant cette authenticité que je suis venu chercher ici. Vivre avec le maximum d’autonomie dans la nature, sans être complètement dépendant de la technologie moderne.
    Mais je ne réalisais pas à quel point mon monde était éloigné de celui des peuples du Calsynn.
    Bien que pacifique, le clan de mon père n’est pas très différent des tribus de guerriers qui peuplent le désert. Ce ne sont pas des tendres.

    Chaque jour, ils affrontent l’océan sur de frêles embarcations, pêchant ou chassant en plongée sous-marine des animaux souvent plus gros qu’eux. Les crabes géants tapis entre les rochers, les poissons carnassiers protégés par d’épaisses carapaces, les méduses au venin mortel… Tellement de dangers, de risques pour trouver de quoi subsister et troquer avec les caravanes. Les accidents sont fréquents.
    Malgré la rudesse de ses mœurs, ce clan a gagné mon admiration.


    Mais j’ai dû m’en aller…


    Les premiers temps furent difficiles avant que je commence à m’adapter à leur mode de vie. Étonnamment, j’ai parfois ressenti une certaines familiarité dans certaines tâches, comme si une partie des gestes perpétués par mes ancêtres étaient restés gravés dans mes gènes. Au bout de plusieurs semaines, je commençais presque à me sentir à ma place dans cet endroit.

    Mais les choses se sont gâtées entre eux et moi, quand j’ai commencé à me lier d’amitié avec une femme mariée. Nous ne faisions que parler et passer un peu de temps ensemble dans une bonne entente, mais le reste de la famille et surtout son mari ne voyaient pas notre proximité d’un bon œil. Je n’avais pourtant aucune intention de faire évoluer cette relation vers autre chose.
    J’ai commencé à sentir des animosités. L’ambiance devint franchement pesante quand elle m’avoua des sentiments amoureux de son côté, en évoquant un duel à mort entre son époux et moi pour la « conquérir ».
    Si la mentalité des Calsy est rude pour tous, c’est surtout envers les femmes qu’elle est la plus injuste. Même elles y sont habituées et trouvent cela normal… Un simple regard peut avoir de lourdes conséquences dans certains clans. Pour elle et les autres membres du village, nous étions déjà trop proches.

    Je la considérais vraiment comme une amie pour ma part. Une rupture encore assez récente, dans le Nord, avait laissé mon cœur dévasté. Et je pensais alors que je ne m’en remettrais jamais complètement.
    Après avoir passé six mois à partager leurs journées et leurs nuits, je me résolut à partir avec la première caravane pour continuer mon périple vers le sud.
    Peut-être est-ce grâce à cette décision que je suis encore en vie aujourd’hui…


    Elgadir


    À l’ouest du Calsynn, elle aussi proche de l’océan, cette grande cité est considérée comme la capitale. Elle forme une mosaïque de quartiers complètement hétéroclites, représentant chacun les clans les plus importants du pays. Toutes ces couleurs et ces formes architecturales réunies témoignent de la fabuleuse diversité qu’on peut observer entre les Calsy.
    Il existe même des quartiers temporaires pour les nomades, à l’orée de la cité, qui s’érigent pendant quelques mois puis disparaissent le reste de l’année.

    Il n’y a pas d’administration à proprement parler dans le Calsynn. Chaque clan envoie un chef de tribu pour le représenter lors de grandes assemblées pluriannuelles. C’est là que sont prises les décisions importantes, que sont traités les accords majeurs, que sont forgées les alliances… là aussi que certains litiges sont réglés.

    Pas vraiment d’intérêt à y rester lorsqu’on est un étranger, si ce n’est pour faire du commerce. Je ne voulais pas dilapider le peu qui restait de mes économies… Après quelques semaines, je trouvais une nouvelle caravane pour continuer plus avant dans le désert Agriote.

    le cœur du désert, aride mer de sel

    La mer de Sel


    C’est la partie du Calsynn la plus sinistre et la moins peuplée, ce qui n’est pas peu dire dans cet immense désert. Personne n’y a élu domicile et seuls quelques groupes de nomades ou des fous solitaires la traversent. Un lieu mortel pour tous ceux qui s’y attardent.
    Mis à part le sel qui constitue une denrée semi-précieuse dans le désert, il n’y a rien à trouver d’intéressant dans cette gigantesque étendue stérile. Je n’ai fait que la longer sans m’y attarder, avec une caravane du clan Messuga, le plus important clan de marchands.
    Nous avons contourné la mer de Sel pour nous enfoncer au cœur du désert Agriote. La beauté sauvage de ces contrées, reg rocailleux ou erg de dunes, m’a souvent laissé sans voix.

    Notre convoi était protégé des insectes et arachnides prédateurs par des diffuseurs de phéromones artificielles. Mais les plus grands dangers ne viennent pas des animaux dans ce désert.

    Des clans de prédateurs humains


    Après six mois relativement paisibles auprès du clan Meyo, puis deux mois avec les nomades, d’une caravane à l’autre vers le sud… C’est en compagnie de ces marchands que j’ai vraiment affronté des pillards.
    Jusqu’alors je n’avais assisté qu’à des négociations parfois tendues, quand les Meyo ou les caravaniers payaient un tribut afin qu’on les laisse tranquilles.

    Les Razgah sont des brutes sanguinaires, des esclavagistes, et l’on m’a même raconté que certains s’adonnent parfois au cannibalisme. Ils nous ont tendu une embuscade, perfidement cachés parmi des rochers comme des scorpides du désert.
    Mais les marchands du clan Messuga avec lesquels je cheminais étaient bien armés et décidés à défendre chèrement leurs marchandises. On me confia un fusil à la hâte ; le combat fut bref et très violent. Les Razgah battirent en retraite après avoir subi des pertes qu’ils durent juger trop importantes pour s’acharner davantage.

    De notre côté, il fallut aussi enterrer (ou devrais-je dire ensabler) quelques morts et nous occuper des blessés, avant de reprendre la route vers l’est.
    Cette caravane devait faire halte dans un village permanent des Sileca, un grand clan de mineurs disséminés dans le désert et spécialisés dans les travaux de la forge.

    Mais nous découvrions un village entièrement rasé par un autre clan de pillards dont on m’a dit le plus grand mal : les Morojir. Ils seraient encore pire que les Razgah. Et pourtant, eux aussi siègent aux assemblées des clans à Elgadir.
    Tolérés par les autres peuples, comme des prédateurs régulant leurs écosystèmes. Ils aiment semer la mort, sont capables de décimer ceux qui ont l’audace de résister à leurs pillages.
    Plutôt basés dans le nord et l’est du Calsynn, j’ai eu la chance de ne jamais croiser leur chemin. Leur emblème est un soleil noir.




    Mais aussi des peuples paisibles, cultivateurs et éleveurs


    La caravane des Messuga aurait dû me laisser m’arranger avec les Sileca pour continuer mon périple dans le désert. Mais finalement, ils s’enfoncèrent davantage vers le sud pour troquer leurs marchandises avec une autre tribu.
    En échange du peu d’argent qui me restait depuis mon départ du Tharseim, je les ai accompagnés jusqu’au territoire des Buhsi. Il s’agit d’un peuple d’éleveurs spécialisés dans le dressage de montures volantes ou bondissantes.
    De là, j’allais avoir une chance de poursuivre ma traversée du Calsynn par mes propres moyens. Encore fallait-il que je trouve quelque chose à échanger contre une monture, puisqu’il ne me restait rien.
    J’avais deux bras et deux jambes, une bonne santé… cela risquait de prendre du temps mais mon labeur pouvait se monnayer.

    Les Buhsi sont incroyables de simplicité. Je ne savais pas que l’on pouvait se passer de technologie à ce point-là. Et le désert est tellement grandiose dans cette région !
    Je suis resté chez eux plus de deux mois, à travailler dur avant qu’ils acceptent de me céder une monture volante. Une odolule que j’avais dressée moi-même, d’ailleurs.
    Cela faisait déjà un an que j’avais commencé ma traversée du Calsynn. Je devenais presque un habitant du désert moi aussi.

    Puis c’est auprès des Jezmir, des cultivateurs semi-nomades au sud du Calsynn, que j’ai passé le plus de temps. Trois années assez heureuses.


    Et j’ai trouvé l’amour à nouveau


    Elle s’appelle Besna Jezmir. Mariée très jeune, son époux avait révoqué leur mariage parce qu’elle ne lui avait pas donné d’enfant. Et depuis elle était restée célibataire.
    Nous sommes rapidement tombés amoureux l’un de l’autre… Elle a un sacré caractère mais quelle rencontre !

    Les Jezmir forment un clan de tribus éparpillées sur un vaste territoire, pratiquement dans tout le Calsynn. Ils ont la particularité de faire pousser différentes cultures, réparties sur trois ou quatre lieux parfois très éloignés les uns des autres. Accompagnés d’insectes de bât, ils effectuent le même parcours chaque année.

    Dans les lieux les plus arides, ils érigent des champs de pango, une céréale qui peut pratiquement se passer d’eau. Elle entre dans la fabrication de farine ou de la fameuse bière de pango, produite au sud du Calsynn et dans le nord de la Nemosia. Ils récoltent au bout de trois mois et repartent…
    Près des cours d’eau, les années qui ne sont pas trop sèches, ils plantent des tubercules comme le nyam ou surtout le fingsa qui demande moins d’arrosages. Là encore, deux ou trois mois suffisent de la plantation à la récolte.
    Puis ils s’en vont à nouveau ailleurs.

    (Dragonnier de Socotra – crédit photo : Rod Waddington)


    Ils font également des récoltes de végétaux sauvages. Dans les garrigues et les maquis au climat plus doux, souvent proches de la mer Orange ou de l’océan Armaz. Ils ne restent que le temps de ramasser des plantes aromatiques et médicinales, en général au moment de leur floraison. C’est la base de leur pharmacopée. Certains arbres et cactus sont également utilisés pour leurs fruits, leurs feuilles, leur sève ou les sucs qu’ils contiennent.

    Je pourrais vous raconter tant de choses sur ce peuple qui m’a adopté pendant trois ans. Ce sont des gens profondément bienveillants dans l’ensemble. Ils ont un sens de l’honneur très développé. Leurs mœurs sont un peu moins rudes que chez la plupart des autres peuples du Calsynn.
    Et il existe encore tant d’autres clans que je n’ai pas eu l’occasion de connaître…

    Mais je ne me sens toujours pas « chez moi ». Toutes ces péripéties m’ont donné le goût des voyages.
    Besna et moi essayons d’avoir un enfant, sans succès pour le moment. Après en avoir longuement discuté, nous avons décidé de partir pour découvrir la Nemosia. Juste tous les deux.

    Ainsi va s’achever mon récit, pour cette fois. Nous sommes à la fin de l’année 579, cela fait plus de quatre ans que j’ai quitté le Tharseim.
    Nous nous dirigeons vers le sud encore, vers le plus grand fleuve du monde.
    Si tout se passe bien et que je garde l’envie de continuer ce récit de voyage, je vous raconterai un jour ce que je vais découvrir dans cet autre pays. Celui d’où venaient les parents de ma mère…


    Au revoir.



  • Un choix difficile pour Elorine Sequoia

     

    Cruzco, nord-est de la Nemosia – année 596.

     

    —Je… je vous conseille de res… rester assis ! bégaya l’homme d’une voix fébrile.

    Sa main tremblait alors qu’il pointait nerveusement son pistolaser vers les hommes et les femmes assis autour de la table de réunion. Il semblait complètement perdu, affolé, passant de l’un à l’autre en brandissant son arme.

    — Calmez-vous, tenta de tempérer la préfète Dembali. Rangez cette arme et asseyez-vous, je suis sûre que tout le monde autour de cette table est disposé à vous écouter. Mais par pitié, arrêtez de nous menacer.

    — Elle a raison, intervint l’édile Darek. Si vous nous disiez plutôt ce qui vous amène ?

    À chaque fois qu’une personne lui adressait la parole, l’homme braquait le canon de son arme vers son interlocuteur. Il transpirait à grosses gouttes et semblait sur le point de céder à la panique, de faire une énorme erreur en commettant un crime dont il ne pourrait lui-même réchapper indemne.

    Il avait réussi à se faufiler dans la salle sous le nez des gardes, avant de bloquer l’unique porte. Mais ce n’était qu’une question de minutes, avant que les agents assurant la sécurité de toutes les personnalités présentes ne parviennent à entrer et le mettent hors d’état de nuire. Discrétion oblige pour cette réunion clandestine, l’escorte des notables nemosians s’avérait minimale.

    — Vous… vous conspirez contre la monarchie ! lança l’agresseur d’une voix incertaine. Je ne pe… peux pas vous laisser faire… c’est la g… guerre civile que vous allez provoquer !

    L’édile Darek se leva de son fauteuil pour attirer son attention sur lui. L’homme le braqua aussitôt.

    — Je vou… vous ai dit de rester assis ! J… je vais ti… tirer !

    Crysarios leva ses mains pour signifier qu’il n’allait rien tenter contre lui. La préfète Dembali s’adressa à l’homme d’une voix douce.

    — Je vous reconnais, monsieur Galesia. Vous êtes de la région de Cruzco, tout comme moi. Calmez-vous, personne ne vous veut le moindre mal.

    — M… mais je… vous…

    — Vous n’avez aucune envie de blesser qui que ce soit, j’en suis sûre. N’est-ce pas ?

    Tous les regards se tournèrent vers la seule personne présente qui n’était pas Nemosiane. Vêtue d’une ample robe blanche à capuche, l’ambassadrice de l’ordre Ophrys s’exprimait toujours posément. Elorine Sequoia n’avait pas besoin d’élever la voix pour capter l’attention de ses interlocuteurs.

    Kamau Galesia la regarda également, et à l’instant où il croisa ses yeux bleu clair, offrant un contraste saisissant avec la peau sombre de la Matria, il fondit en larmes en laissant tomber le pistolaser.

    — B… Bien sûr que je ne v… veux pas tirer sur quel… quelqu’un.

    Crysarios s’approcha doucement en lui adressant un geste de réconfort, tout en posant le pied sur l’arme tombée au sol.

    — Voilà qui est mieux, dit-il avec un regard reconnaissant vers Elorine. Asseyez-vous, monsieur Galesia, et dites-nous calmement ce que vous avez sur le cœur. Je suis sûr que nous allons trouver une solution tous ensemble.

    Toutes les personnes assises autour de la table approuvèrent. Secoué de sanglots, Kamau Galesia obtempéra et prit place avec les édiles et préfets nemosians. C’était moins une.

    Elorine cessa d’influencer ses émotions pour qu’il s’exprime librement, tout en restant vigilante et prête à intervenir de nouveau. En dosant subtilement une forme de joie pour l’apaiser, tout en le submergeant de honte, elle venait de désarmer complètement son agressivité.

    La colère et la panique cédant maintenant la place à la raison, il prit sa tête entre ses mains en réalisant les conséquences de ce qu’il s’apprêtait à faire.

    — Je suis dé… désolé. Je t…travaille dans l’agriculture. On a cru bien faire. Notre co… coopérative s’est agrandie, on a énormément investi pour to… tout automatiser, augmenter la production, on s’est endetté auprès des ban… banques nordiques… les machines, les engrais, les se… semences, tout coûte cher ! Et vous voulez revenir en arrière main… maintenant. Vous allez nous cou… couler !

    Des gardes de la sécurité parvinrent alors à débloquer la porte et commencèrent à investir la salle précipitamment, armes au poing. Les deux préfets qui dirigeaient la réunion leur ordonnèrent aussitôt de retourner dans le couloir sans intervenir. Crysarios leur confia discrètement le pistolaser.

    — Nous sommes tout à fait conscients de ce genre de problèmes, monsieur Galesia, assura Amalia Dembali, la préfète de sa région. Nous prévoyons justement de verser des aides aux entreprises pour qu’elles sortent de l’industrialisation. C’est l’un des sujets principaux de cette réunion.

    — Vrai… vraiment ? balbutia Kamau Galesia.

    — Mais oui, confirma le préfet Saliego qui gouvernait la région de Meriv. Ce n’est pas pour nos intérêts personnels que nous refusons de continuer à suivre la voie prise par nos monarques successifs, mais bien pour l’ensemble des Nemosians. Même si nous ne sommes que deux préfets sur les huit à nous rebeller, pour le moment, nous avons bon espoir de réussir à convaincre les autres… avec le temps.

    Il se tourna vers la préfète Dembali qui approuva d’un hochement de tête.

    — Nous ne pouvons pas laisser se reproduire ce qui s’est passé avec la mer Orange, ajouta sombrement Crysarios.

    — Des rumeurs disent que vous souhaitez vous rapprocher à nouveau des Valokins, dit Kamau Galesia. Si c’est vrai, je risquerais de perdre mon travail…

    L’agriculteur devenu gérant industriel ne bégayait plus, maintenant qu’il recouvrait son calme. Il lança un regard embarrassé à Elorine.

    — Rien de personnel, se hâta-t-il d’ajouter.

    Un bref sourire conciliant se dessina sur les lèvres de la Matria. La préfète Dembali s’éclaircit la gorge pour attirer l’attention.

    — La transition ne sera pas facile, mais je le répète, nous allons vous aider. Il ne va pas s’agir simplement d’un retour en arrière : vous pourrez continuer à utiliser les machines et les méthodes qui ne détériorent pas l’environnement, ni la qualité des produits qui sortent de vos fermes. Nos techniciens sont déjà au travail pour trouver les meilleures solutions envisageables.

    — Il s’agit de voir les choses dans leur ensemble et à long terme, ajouta Elorine. La mentalité propagée par les Thars, qui promeut les profits rapides au détriment de toute autre considération, a déjà fait bien assez de dégâts dans votre pays. Je suis présente à cette réunion pour vous assurer du soutien total de l’ordre Ophrys dans cette conversion. Si les Valokins parviennent à vivre correctement en respectant certains principes, il n’y a pas de raison que les Nemosians ne puissent pas faire de même.

    À voir sa tête, Kamau Galesia ne semblait pas encore convaincu.

    — Je vais vous poser une question toute simple, intervint de nouveau Crysarios Darek. Êtes-vous plus heureux qu’avant, monsieur Galesia ?

    — Non, répondit celui-ci après un instant d’hésitation. Je gère des volumes d’argent plus importants, mais je vois bien les dégâts sur nos sols… J’ai tellement de dettes que je n’arrive pas à mieux gagner ma vie pour autant. Les banques des Thars nous tiennent par les c…

    — Alors, nous sommes d’accord. Je suis persuadé que nous allons trouver un terrain d’entente, monsieur Galesia…

    La réunion se poursuivit ainsi pendant de longues heures. Après avoir abordé les problèmes liés à l’agriculture, Kamau Galesia se retira sans plus faire d’histoires, malgré l’invitation des préfets et édiles à rester pour assister à l’ensemble des débats. Il avait de bonnes nouvelles à annoncer à ses collègues.

    Les notables nemosians furent quand même soulagés de le voir repartir sans heurts. Ils remercièrent chaleureusement Elorine pour son invisible mais néanmoins vitale intervention.

     

     

    Il était déjà bien tard quand Elorine et Crysarios se retrouvèrent enfin seuls dans un hôtel de Cruzco. Ils montèrent dans la chambre de l’édile. Crysarios servit des verres d’alcool avant de s’affaler dans un canapé, épuisé.

    — Merci encore de l’avoir influencé, dit-il. Je pense qu’on aurait eu beaucoup plus de mal à calmer ce type sans toi… Nous avons peut-être même évité un drame.

    — Sans doute, concéda Elorine. Mais mon intervention sur ses émotions ne pouvait être que temporaire. Il a fallu tous vos talents de pédagogues et de diplomates pour le convaincre durablement de votre sincérité. Je dirais que nous avons tous bien œuvré, ensemble.

    — À ta modestie, lança Crysarios en tendant son verre pour trinquer avec elle.

    Elorine fit une petite moue désapprobatrice, puis finalement accepta de boire ce verre avec son amant.

    — Je ne vais pas rester dormir avec toi ce soir, annonça-t-elle alors qu’il commençait à devenir entreprenant.

    — Qui parle de dormir ? répliqua Crysarios avec un sourire entendu.

    — Tu m’as très bien comprise.

    Il recula d’un pas en la regardant intensément.

    — Tu sais que je t’aime, Elorine.

    Elle soupira bruyamment avant de reposer son verre à moitié vide.

    — Nous ne pourrons jamais former un couple, Crys. J’ai prononcé mes vœux de Matria depuis trois années. Il m’est impossible de revenir sur mon serment…

    — Cela fait treize ans que j’ai perdu Valeria, et aucune autre femme que toi ne pourrait la remplacer dans mon cœur. Ma fille va bientôt quitter Meriv pour venir faire ses études ici, à l’université de Cruzco. Nous pourrions commencer une nouvelle vie, tous les deux…

    Il posa son verre et prit ses mains dans les siennes, sans cesser de la dévisager. Les yeux de Crysarios exprimaient autant de bonté que de tristesse. Le regard d’Elorine devint inhabituellement fuyant.

    — Je deviendrais une paria en Valoki, en faisant cela. Une traîtresse.

    — Tu pourrais te cacher en Nemosia. Je pourvoirai à tous tes besoins…

    — Non. C’est impossible, je te l’ai dit. Je ne peux pas me soustraire à mon devoir. L’ordre Ophrys compte sur moi, il représente toute ma vie, j’ai donné ma parole et il est hors de question que je me parjure. Nous avons passé de merveilleux moments ensemble, mais je… c’est terminé, Crys. Je suis vraiment désolée.

    Les larmes aux yeux, Crysarios la prit dans ses bras. Ils sanglotèrent ensemble.

    — C’est dur à accepter mais je comprends, annonça-t-il après un instant. D’accord, je… n’insisterai plus.

    Elorine l’embrassa tendrement.

    — Merci. Il doit nous rester quelques heures avant que le jour se lève… profitons de notre dernière nuit ensemble. Ensuite, il sera temps de se dire adieu.

    Elle avait changé d’avis, en partie. Ils firent l’amour une dernière fois. Puis l’aube arriva et le cœur lourd, sans avoir dormi ni l’un ni l’autre, ils durent se séparer pour prendre des directions différentes. Chacun vers ses responsabilités.

     

    (crédit illustration ? aucune idée… mais j’adore et je l’ai trouvée )

     

    Ils avaient alors tous les deux la trentaine. Elorine rejoignit le monastère principal de l’ordre Ophrys, dans la province de Leda en Valoki, tandis que Crysarios retrouva la cité de Meriv et ses écosystèmes ravagés, qui allaient lui demander tant d’efforts dans l’espoir d’y réparer les terribles erreurs des Nemosians.

    Chacun se plongea dans le travail pour tenter d’oublier, d’apaiser son chagrin. Ils ne se revirent pas pendant de très longues années. Pourtant, le temps n’allait jamais effacer le lien qui les avait unis. Ils ne purent retrouver une relation aussi forte que celle qu’ils avaient partagée. Aucun des deux ne connut à nouveau l’amour.

     

    Le sens du devoir peut être un fardeau bien lourd à porter, quand il va à l’encontre de nos sentiments.

    Existe-t-il vraiment une décision meilleure que l’autre dans ce genre de situation ? Assumer ses obligations le cœur déchiré, ou rompre un serment pour choisir le chemin inverse… Elorine suivit la voie de la raison, et ce choix ne fut pas exempt de regrets dans les années qui suivirent. Mais la Matria ne sacrifia pas son intégrité, qui lui était si chère.

    Rien ne sert de juger pour les autres, chacun est libre de faire ce genre de choix. Et bonnes ou mauvaises, d’en affronter les conséquences.

     

     



     


  • La chute de Meriv

     

    Sud de la Nemosia, année 583 du calendrier planétaire.

     

    Le visage lumineux projeté par la console holographique affichait une expression de plus en plus menaçante.

    — Monsieur l’édile, vous êtes en train de jouer un jeu très dangereux, affirma le Thars. Les conséquences de votre décision peuvent s’avérer catastrophiques pour votre cité.

    Crysarios Darek ne se laissa pas démonter par le ton condescendant de son interlocuteur.

    — J’en suis conscient, monsieur le Gouverneur. Mais les habitants de Meriv m’ont justement élu comme édile parce que je suis le seul à oser affronter ces conséquences. À vous affronter, devrais-je dire.

    — C’est inadmissible ! s’emporta le Thars. Votre inconscience vous coûtera cher, monsieur Darek !

    — Peut-être… en attendant, au nom de la population de cette ville, je vous demande une dernière fois de partir avec tous vos compatriotes.

    La voix du Gouverneur des colons nordiques devint glacée, tandis que son hologramme fixait Crysarios d’un air méprisant.

    — Je vous avais prévenu, Darek.

    La communication fut coupée. Crysarios se dégagea de la console en se renversant dans son fauteuil avec un soupir. Son épouse, qui n’avait rien perdu de la conversation, s’approcha alors et posa ses mains de part et d’autre de sa nuque puissante.

    — Tu as pris la bonne décision, dit-elle en massant les épaules de son mari.

    — J’espère, Valeria. Mais tu as entendu leur chef, ça va barder. On a bien fait de mettre Leanne à l’abri avec les autres enfants… je serais plus rassuré que tu la rejoignes, à vrai dire.

    Leur fille âgée de quatre ans à peine était sous la protection de tout un bataillon de gardes, cachée à l’abri dans des abris souterrains, avec une bonne partie des habitants de Meriv. Se doutant du conflit que leur révolte allait engendrer, ils avaient pris des dispositions. Crysarios fit pivoter sa chaise pour faire face à sa femme, en lui lançant un regard insistant. Valeria secoua la tête.

    — Il est hors de question que je te laisse tout seul, si la situation dégénère.

    — Elle va dégénérer, ce n’est qu’une question de temps. Je ne veux pas que tu t’exposes au danger.

    — Je suis à tes côtés depuis le début, j’y resterai quoi qu’il arrive, assura Valeria.

    Crysarios se leva pour la prendre dans ses bras. Ils s’étreignirent un moment, puis suivant une impulsion commune, le jeune couple s’approcha de la baie vitrée en demi-cercle qui donnait vue sur la mer, en se tenant par la main.

    La mer Orange ne méritait plus son nom. Les vagues qui venaient s’échouer sur le rivage charriaient des quantités impressionnantes d’algues nauséabondes et de déchets industriels en tout genre. Pendant des siècles, la cité de Meriv avait été considérée comme la capitale du corail.

    Située sur une presqu’île à l’embouchure du fleuve Nemos, elle accueillait encore quelques-uns des joailliers spécialisés dans la confection de bijoux coralliens, des pêcheurs d’animaux exotiques et des cueilleurs d’algues aux nombreuses propriétés médicinales. À présent, tous ces gens étaient désœuvrés, désorientés, impuissants devant l’effondrement des écosystèmes qui avaient fait le prestige de la région. Nombre de ses habitants avaient quitté Meriv ou projetaient de le faire. L’exode était déjà entamé.

    Même les célèbres herbes-cornalines qui parsemaient les fonds côtiers d’une splendide couleur orange avaient disparu face à la pollution. Depuis que des alliances avaient été forgées avec les Thars pour exploiter les ressources de la région, les accords commerciaux de plus en plus invasifs avaient donné lieu à une véritable colonisation de leur part.

    Les nordiques avaient investi le secteur avec leurs constructions ultra-modernes : immeubles, usines, commerces… Les prédécesseurs de Crysarios les avaient laissé faire en s’enrichissant grassement, jusqu’à ce que les écosystèmes soient complètement épuisés, envahis par la pollution.

    La source de la prospérité à présent tarie, les Merivois venaient d’élire un nouveau dirigeant pour mettre les Thars dehors. Ils ne manquaient pas de courage, mais d’aucuns considéraient qu’il était déjà trop tard. Les dégâts s’avéraient irréparables à court terme. Il faudrait des générations entières de nettoyage pour venir à bout d’un tel gâchis.

     

    (arbres retouchés. Crédit photo : The Photographer)

     

    Une sonnerie résonna sur le communicateur du bureau de Crysarios. Au même instant, Valeria poussa un cri étouffé en tendant le doigt vers une autre baie vitrée donnant sur la ville. Le nouvel édile se précipita vers son bureau en jurant devant la scène qui s’offrait à ses yeux.

    Les vaisseaux des colons nordiques semblaient occuper tout le ciel au-dessus de la côte, sur la partie moderne de la cité qui avait triplé de volume en seulement quelques décennies. Leurs ombres s’étendaient sur les immeubles comme des ailes menaçantes, funestes.

    — Bien sûr que je les vois ! s’écria Crysarios dans son communicateur. Vous avez déjà vos consignes, lancez l’opération tout de suite !

    Des appareils nemosians décollèrent aussitôt de l’aéroport pour s’avancer vers les engins thars.

    Crysarios s’approcha de son épouse et l’embrassa.

    — Tu es sûr que cette manœuvre d’intimidation va porter ses fruits ? demanda-t-elle, inquiète.

    — Non, répondit-il franchement. Je l’espère mais je n’en suis pas sûr. Nous sommes en minorité et notre armement est moins important que le leur. Je ne pensais pas qu’ils agiraient si vite.

    — Il est risqué de bluffer avec ces gens… dit Valeria d’une voix angoissée.

    — J’ai un autre atout dans ma manche, révéla Crysarios avec un sourire mystérieux. Viens maintenant, le temps presse.

    Valeria s’apprêta à poser une question pour en savoir davantage, mais les premières détonations éclatèrent. Le jeune couple quitta la maison en courant pour s’engouffrer dans l’appareil qui les attendait dehors. Ils décollèrent à toute vitesse pour se joindre à leur groupe de vaisseaux.

    Les Thars commençaient à bombarder leurs propres bâtiments désertés. Ils savaient que la majeure partie de la population de Meriv s’était regroupée dans la vieille ville et sa citadelle. Acculés dans une impasse diplomatique, sommés de s’en aller par les habitants locaux et lâchés par leur propre gouvernement, ils avaient décidé de ne rien laisser derrière eux.

    Crysarios donna des ordres et son appareil fut le premier à engager le combat. Une partie des vaisseaux merivois entreprirent d’attaquer ceux des nordiques, pour les empêcher de pilonner les extensions modernes de la cité. Les autres restaient au-dessus de la citadelle pour la protéger.

    Malgré les efforts des nemosians, ils ne parvinrent pas à empêcher les colons nordiques de détruire la partie de la cité qui leur avait appartenu.

    Il était primordial de protéger la population regroupée dans la vieille ville. Trop peu nombreux, les appareils merivois qui tentaient d’attaquer ceux des colons furent rapidement détruits ou mis en déroute.

    À côté de l’appareil de l’édile, un des vaisseaux qui les escortaient explosa dans une grande gerbe de flammes. Leur propre aéronef fut secoué, puis soudain touché par des tirs. Ils durent se poser en catastrophe parmi les décombres.

    Un autre engin vint aussitôt à leur secours.

    — Monte avec eux ! cria Crysarios à sa femme. Je dois m’occuper d’une chose que je suis seul à pouvoir faire.

    Valeria lui lança un regard de reproche.

    — Ton fameux atout ?

    Crysarios acquiesça en la poussant sans ménagement vers la passerelle du vaisseau qui était venu les chercher. Valeria s’y réfugia à contrecœur, entourée de gardes. L’édile regarda l’appareil s’éloigner un instant, puis il courut vers l’entrée d’un passage secret dans les tunnels souterrains.

     

    Valeria prit la tête des défenses aériennes. Malgré leur courage, les vaisseaux nemosians ne parvenaient pas à repousser ceux des Thars. Subissant de lourdes pertes, ils durent bientôt se replier autour de la vieille ville pour consolider le rempart aérien formé par leurs engins volants.

    Ils assistèrent, impuissants, à la destruction complète des usines, des commerces et des immeubles d’habitation que les Thars avaient mis des années à construire. Moins d’une heure suffit pour que toute la partie moderne de Meriv soit en ruines.

     

    (crédit image : GsFDcY)

     

    Un immense champ de gravats occupait à présent tout l’espace le long de la côte.

    La flottille des colons nordiques s’approcha dangereusement de la citadelle sur la presqu’île.

    — Préparerez-vous à défendre chèrement votre peau ! lança Valeria aux hommes et aux femmes qui l’entouraient dans le vaisseau. Quelqu’un sait où est passé mon mari ?

    Mais personne ne savait où Crysarios se trouvait, ni même s’il était encore vivant. Résignée à se battre jusqu’au bout, Valeria allait donner l’ordre d’ouvrir à nouveau le feu quand ils assistèrent à une scène étonnante.

    Un appareil nordique s’inclina dangereusement vers le sol, et juste avant qu’il ne s’écrase, des témoins purent apercevoir une silhouette en émerger en effectuant un bond incroyable vers un autre vaisseau thars. Celui-ci ne tarda pas à foncer vers un troisième appareil. Les explosions provoquèrent des cris de joie parmi les Nemosians.

    Ils en profitèrent pour lancer de nouvelles attaques sur les vaisseaux ennemis qui restaient en formation serrée.

    On aperçut encore une forme sombre, se déplaçant avec une telle rapidité que personne ne pouvait affirmer de qui ou de quoi il s’agissait. L’apparition bondit à nouveau d’un vaisseau en flammes avant qu’il ne s’écrase, sur un autre encore intact. Elle pénétra à l’intérieur et quelques instants plus tard, cet engin ouvrait le feu sur ceux de son propre camp.

    Ce revirement de situation plongea les nordiques dans la plus grande confusion. Assaillis de toutes parts, ils rompirent enfin la formation d’attaque pour se replier.

    Dans l’euphorie, Valeria donna l’ordre de les poursuivre jusqu’à ce qu’ils aient quitté l’espace aérien de la région. Ce fut une terrible erreur. Plusieurs engins thars se retournèrent pour riposter et son vaisseau fut sévèrement touché.

    Avant que son aéronef ne s’écrase sur le champ de décombres qu’était devenue Meriv, Valeria eut une dernière pensée pour son mari et leur fille Leanne.

     

    Crysarios arriva bien trop tard pour leur porter secours. Il ne retrouva que des corps calcinés dans les restes de l’appareil, dont celui de sa femme.

    Terrassé par la douleur et le chagrin, il n’était plus que l’ombre de lui-même alors que la foule en liesse le portait en triomphe jusqu’à la citadelle. Il fondit en larmes quand on amena sa fille saine et sauve avec les autres enfants, et qu’elle demanda où était sa maman. Incapable de dire un mot, il la prit dans ses bras en la serrant très fort.

    La cité venait de retrouver son indépendance, ils avaient réussi à chasser les Thars. Mais à quel prix ? Toute la nouvelle ville avait été rasée par les bombardements des colons. Malgré les mesures prises pour protéger la population, on dénombrait des centaines de morts.

     

    Crysarios devint le héros de Meriv le jour même où il perdit son épouse.

    Il fit de son mieux pour élever Leanne tout seul, elle qui n’allait garder aucun souvenir de sa mère alors qu’elle lui ressemblait tant.

    Il garda précieusement son secret concernant l’aide qu’ils avaient reçue. Personne ne sut jamais quelle était cette étrange apparition qui était intervenue avec une telle efficacité. Insecte, humain, machine ?… Des rumeurs coururent pendant un temps, certaines complètement invraisemblables. La plus réaliste prétendit qu’il s’agissait d’un commando de plusieurs mercenaires d’élite que Crysarios avait secrètement engagé. On se demanda même s’il ne s’agissait pas de Thars ayant trahi leur propre camp.

    Mais cette triste victoire ne put empêcher la poursuite de l’exode.

    L’environnement était tellement saccagé que les gens finirent par désespérer de faire revivre cette région. Meriv fut progressivement désertée par la majeure partie de ses anciens habitants. Les Nemosians ne gardèrent que le souvenir de tous les hommes et les femmes qui s’étaient sacrifiés pour reprendre possession de leur cité.

     

    ♦◊♦

     

    Vingt-cinq ans plus tard en l’année 608, au moment où débute le roman, Crysarios Darek est toujours l’édile de Meriv. Même lorsque sa fille atteignit l’âge adulte et quitta la région pour vivre à Cruzco, une autre grande ville nemosiane, il ne se remaria pas. Il décida de rester pour tenter de redresser la cité, et surtout de nettoyer les écosystèmes ravagés de cette région qui jadis fut splendide.

    On raconte que c’est depuis cette bataille tragique que certaines régions de la Nemosia se sont liguées contre la monarchie. À cause des conséquences de leurs alliances avec les nordiques, il s’agit désormais d’un pays déchiré, divisé quant à l’influence des Thars sur la famille royale. Depuis les palais de leur capitale, les dirigeants ne semblent guère se soucier de sacrifier certaines régions lointaines, en échange de certains avantages.

    Ainsi se termina la longue chute de Meriv la belle, ancienne capitale maritime du corail, ancienne fierté du peuple nemosian, devenue symbole de honte et de gâchis.

    Et pourtant, ailleurs en de nombreux endroits, les humains continuèrent de saccager leur environnement.

     

     



     


  • Lexique de la planète

    (Mis à jour le 07/05/20)

     
    Voici un lexique permettant aux lecteurs et lectrices de s’y retrouver avec les termes exotiques propres aux romans.

    Cet article nettement plus long que les autres n’est pas destiné à être lu d’une seule traite, mais à accompagner et compléter la lecture des romans selon les termes rencontrés. Il est fort probable que ce lexique tende à s’enrichir de nouveaux mots, au fur et à mesure du développement de nouvelles publications liées à cet univers.

    Si certains mots figurant ici ne sont pas présents dans les histoires déjà publiées, ils feront leur apparition dans d’autres ouvrages concernant la planète Entom Boötis.
     

    A

    Akoumbé : capitale de la Nemosia, située dans la partie centrale du pays sur le parcours du fleuve Nemos.

    Ambremiel : pierres translucides de couleur ambrée, issues de la cristallisation extrême du miel des aporims. Les moniales de l’ordre Ophrys sont les seules à en porter.

    Aporim : insecte social butineur, vivant en colonies et produisant du miel avec le nectar de certaines fleurs géantes. Espèce alliée aux Sœurs Ophrys.

    Arane : nom vernaculaire désignant l’ensemble des espèces d’arachnides sur Entom Boötis.

    Arbres-montagne :  végétaux les plus imposants jamais recensés sur cette planète ou une autre. Ils peuvent mesurer plusieurs centaines de mètres de haut et vivre des dizaines de milliers d’années. Leur taille gigantesque leur permet d’abriter de nombreuses colonies d’insectes et même quelques villages arboricoles.

    Arcoshaï (contraction des termes arcologie et Shaïli) :  moniale de l’ordre Ophrys spécialisée dans les constructions architecturales et les relations avec les terims, les insectes bâtisseurs. Elles portent des robes gris-bleu.

    Armaz : immense océan unique, occupant principalement la partie occidentale de l’hémisphère nord.

    (Arbre-montagne juvénile)

     

    B

    Batumen (terme issu de l’entomologie terrienne) :  un des matériaux de construction des aporims. Il s’agit de géopropolis mélangée avec de la cire secrétée par les ouvrières.

    Belirave : tubercule populaire des régions tempérées à froides, une épaisse peau rugueuse de couleur brune protège sa chair blanche.

    Buhsi : communauté semi-nomade vivant dans le Calsynn, dont le mode de vie primitif est pratiquement exempt de technologie. Vivent principalement de l’élevage et la chasse d’insectes.

    C

    Calsynn : vaste étendue aride située aux confins nordiques de la Ceinture Tropicale, frontalière avec le Tharseim au nord et la Nemosia au sud.

    Castes: elles sont au nombre de sept pour organiser le fonctionnement de la société du Tharseim. Chaque caste est représentée par une couleur. Un ou plusieurs triangles de la couleur appropriée désignent le rang et la caste de chaque personne sur les tenues noires des nordiques.

    Celtica : principale mégapole de la partie orientale du Tharseim, au bord de la mer du Silence.

    Cilide (dérivé du nom latin des moustiques terriens « culicidae ») : insecte ailé des zones humides tropicales, se nourrissant à l’origine exclusivement de l’hémolymphe d’autres espèces d’insectes. Montre une prédilection pour le sang chaud des humains depuis l’arrivée des premiers colons.

    Citrimone : plante médicinale herbacée poussant dans les régions tropicales, recouverte d’un duvet blanchâtre et dégageant un fort parfum citronné.

    Copoce : crustacé terrestre possédant quatorze pattes, capables de se replier dans leur carapace conique extrêmement résistante. Lucifuge, affectionne particulièrement les grottes.

    (Calsynn)

     

    D

    Daruba : arbre-montagne extrêmement toxique des forêts de Valoki. Lors de leur cérémonie d’admission, les Matria de l’ordre Ophrys consomment l’élixir de Daruba qui les rend irrémédiablement stériles.

    Désert Agriote (du nom d’un coléoptère terrien) :  situé au cœur du Calsynn dont il occupe la plus grande partie, ce désert chaud est le plus vaste de l’hémisphère connu.

    Dji : infusion constituée d’un mélange de plantes aromatiques originaires de Valoki, souvent agrémentée d’épices et de miel. Son usage s’est répandu à tout l’hémisphère en raison de sa saveur agréable et ses nombreuses propriétés médicinales.

    Dogou : ville portuaire nemosiane située sur les rives orientales de l’océan Armaz, devenue la principale ville maritime de la Nemosia depuis la chute de Meriv.

    Droselle : sorte de petites mouches butineuses mesurant une trentaine de centimètres d’envergure. On trouve des droselles partout mais elles ont pratiquement disparu du Tharseim. Une espèce endémique vit dans le désert Agriote où elles représentent les seuls insectes pollinisateurs. Les battements de leurs ailes sont si rapides qu’en vol elles semblent entourées de parenthèses transparentes.

    Drosine : cousins des droselles habitant les zones marécageuses, ces insectes volants se nourrissent principalement de végétaux en décomposition. Leurs larves dévorant les racines sous la terre, leur prolifération est nuisible pour les cultures.

     

    E

    Elgadir : plus grande ville du Calsynn et seule agglomération d’importance sur les côtes calsy de l’océan Armaz. Elle est considérée comme la capitale bien qu’aucune administration centrale ne gouverne ce pays.

    Eniapur : cité principale de la province de Hivao, sur les côtes occidentales valokines au bord de la mer de Nacre.  Proche du célèbre archipel des pêcheurs de coquillages, elle est considérée comme la capitale maritime de la Valoki.

    Enil: la plus grande des deux lunes de la planète Entom Boötis, de couleur blanc bleuté. Les mystiques la considèrent comme un symbole de sagesse et de pureté. Il lui faut 31 jours pour compléter sa période de révolution autour de ce monde.

    Entom Boötis : cinquième planète du système Tau Boötis, dans la constellation du Bouvier (la planète est fictive mais ce système solaire existe réellement).

    (Entom Boötis)

     

    F

    Fingsa : plante des régions tropicales à semi-désertiques, produisant des feuilles et tubercules comestibles. Très répandue dans le Calsynn (près des points d’eau) en raison de sa relative résistance à la sécheresse.

    Fouettard (voir Miroiveugle ou Voïd) : surnom péjoratif donné aux officiers exécuteurs du Tharseim par les Thars eux-mêmes.

    Frangeris : pâtisserie valokine très populaire à base de samuca, de quelis, de miel et de graines de luvaliane moulues.

     

    G

    Gantacle (franglais, contraction de gant et « tentacle ») : arme tharse réservée aux redoutables exécuteurs Voïd. Gant métallique dont les doigts peuvent s’allonger en tentacules souples pouvant atteindre trois mètres de long, disposant d’un système électronique démultipliant la force du porteur tout en lui assurant une grande précision.

    Géopropolis (terme issu de l’entomologie) : matériau de construction des aporims. Amalgame de terre et de propolis.

    Ginkgo : village de la province de Leda en Valoki, en partie arboricole, situé dans un secteur rocheux pour la région.

    Glacière : immense canyon situé à la frontière sud du Tharseim, continuellement à l’ombre. Ce secteur s’étend tout le long de la Muraille de Rouglace au pied du versant nord.

    Guerre des Menteurs : période trouble de l’histoire qui vit s’affronter l’ordre Ophrys et les services secrets du Tharseim par des moyens indirects et pernicieux, pendant 21 ans.

     

    H

    Habako : famille royale de Nemosia dont le règne a débuté avec l’indépendance du pays, deux siècles avant le premier roman.

    Hacrif : insecte volant carnivore habitant les jungles équatoriales. L’un des plus terribles prédateurs du Kunvel.

    Harfang (nom d’une espèce de hibou polaire sur la Terre) : capitale du Tharseim, gigantesque mégapole de 400 millions d’habitants s’étendant sur des milliers de kilomètres carrés, elle-même entourée d’une zone industrielle encore plus vaste. C’est la plus grande ville de la planète, 20% des Thars habitent la capitale.

    Hivao : province valokine située sur les côtes occidentales de l’océan Armaz, essentiellement maritime et constituée d’un grand archipel. Région célèbre pour ses immenses mangroves et les perles précieuses extraites de la mer de Nacre.

    (Harfang)

     

    I

    Involucre (terme issu de l’entomologie et de la botanique terriennes) : structure interne des ruches des aporims qui sert à consolider la construction et à protéger le couvain. Mélange de propolis et de cire, l’involucre est fait de grandes lames étirées, aériennes, qui relient les différentes parties de la ruche.

     

    J

    Jailong : province valokine la plus au nord du pays, longeant la frontière nemosiane. Loin d’être une région industrielle, le Jailong a cependant beaucoup plus développé son agriculture que les deux autres provinces. On y rencontre le plus grand nombre de machines en Valoki.

    Jojuba : arbuste mellifère dont l’écorce est blanche à beige, les feuilles bleutées sont ovales et dentelées. Ses fleurs violettes très parfumées sont particulièrement prisées par les insectes butineurs . Mais malheureusement pour eux, cette plante concentre la pollution atmosphérique dans sa sève et son nectar.
     

    K

    Kalem : plante herbacée de Valoki ressemblant à de la bruyère géante. Envahissante, elle pousse dans des clairières qui deviennent progressivement des champs de kalem. Les fleurs ont les couleurs du feu, nuances de jaune, orange et rouge, et forment des grappes de clochettes très appréciées des insectes butineurs.

    Khelz : monnaie valokine constituée de cristaux taillés en losange, de couleurs et de tailles différentes en fonction de leur valeur.

    Koré (« jeune fille » en grec ancien) : apprentie adolescente de l’ordre Ophrys. Les Koré sont âgées de 12 à 19 ans, elles ne sont pas encore titulaires et portent des robes vert pâle.

    Kunvel : jungles noires impénétrables situées sur l’équateur, constituant la frontière du territoire habitable pour les humains. Aucun explorateur n’en est jamais revenu.

    (Kunvel)

     

    L

    Lamentine : arbre géant dont l’écorce est brune et les feuilles très fines et dentelées, translucides, sont d’un vert très pâle. L’ensemble de la plante est toxique pour les humains. La sève de lamentine, seule partie consommable, constitue une boisson tristement célèbre pour ses propriétés euphorisantes. Elle s’avère aussi hautement addictive.

    Lao Bang : ville principale de la province du Jailong, au nord de la Valoki. Il s’agit d’une cité arboricole bâtie dans un bosquet d’arbres-montagnes. Un monastère de l’ordre Ophrys, presque aussi important que celui de Leda, se dresse à l’écart de la ville.

    Leda : province centrale et capitale éponyme de la Valoki. Entourée de cultures et construite sur une colline, la cité évoque un assemblage de coquillages selon l’architecture traditionnelle de la région, en terre maçonnée avec l’aide des terims.

    Locriste (dérivé du nom vernaculaire « locuste » désignant plusieurs espèces de criquets sur Terre) : insecte herbivore produisant des stridulations par frottements de ses élytres.

    Locustrelle: insecte herbivore cousin des locristes mais de taille plus imposante. Effectuant des bonds gigantesques, qu’elles prolongent en planant dans les airs grâce à leurs petites ailes, les locustrelles sont parfois utilisées comme montures. Contrairement aux locristes, elles ne produisent pas de « chant ». Certaines peuplades consomment la viande des deux espèces.

    Lumine : à l’origine, nom commun désignant une lanterne sphérique et transparente contenant un gaz luminescent dans l’obscurité (la luciférine des lucioles). C’est une invention technologique des Thars, largement utilisée par tous les peuples de la planète. Le terme s’est finalement généralisé à toutes sortes d’objets servant à s’éclairer, y compris par des procédés électriques.

    Luvaliane : arbre-montagne des forêts de Valoki, où il est considéré comme sacré. Son écorce est grise et rugueuse, couverte de nœuds et de crevasses. Les feuilles du luvaliane sont d’un rouge bordeaux très sombre, luisantes et de forme arrondie, presque circulaires. Ses grandes fleurs blanches en forme d’étoile dégagent un parfum très agréable. Le tronc se creuse naturellement d’immenses cavités par endroits, qui servent d’abri à de nombreux insectes, dont les aporims mellifères. On les appelle parfois les « arbres à miel ».
     

    M

    Manil : graminée céréalière poussant uniquement dans les régions tropicales humides, aux épis de couleur rougeâtre. C’est une plante nécessitant beaucoup d’eau et de chaleur, à partir de laquelle on fabrique la farine couramment utilisée dans la cuisine, la boulangerie et la pâtisserie valokines.

    Matria : mères supérieures de l’ordre Ophrys, âgées de trente ans minimum, elles portent une robe blanche en soie et au moins deux pierres d’Ambremiel. Toutes les Matria ont bu l’élixir de Daruba, elles ont renoncé à faire des enfants et consacrent leur vie entière à l’ordre Ophrys.

    Melishaï (contraction du grec ancien « méli », miel, et Shaïli) : élite prestigieuse des Shaïli de l’ordre Ophrys. Les Melishaï sont spécialisées dans la guérison par le Seid, les relations avec les aporims, la production de miel ainsi que des autres produits de la ruche. Elles portent une robe bleu pâle.

    Merdalgue : surnom donné par certains Nemosians à l’ancienne mer Orange, depuis qu’elle est envahie par la pollution et les algues nauséabondes.

    Meriv : cité portuaire établie sur une presqu’île à l’embouchure du fleuve Nemos et de la mer Orange. Ancienne capitale florissante du corail, elle est aujourd’hui en grande partie désertée, en ruines, depuis que les écosystèmes de la mer Orange se sont effondrés.

    Merveillon : nom vernaculaire désignant plusieurs espèces d’insectes butineurs (ressemblant à des papillons géants), dont les grandes ailes colorées peuvent être transparentes, opaques, écailleuses ou lisses, évoquant même parfois l’aspect du métal.

    Miroiveugle (voir Voïd et fouettard) : surnom donné aux officiers Voïd de l’armée tharse par les étrangers, notamment dans le Calsynn.

    Mousserand (ou tisserand des mousses) : habitant du village de Rizom dans la vallée des Mousses. Les techniques des artisans de ce village, pour confectionner des objets décoratifs ou pratiques avec des végétaux, sont tellement particulières et uniques que le terme s’est étendu à toute cette communauté.

    Muca : boisson chaude très populaire, ressemblant au café, tirée des graines de samuca torréfiées.

    Myrme (du grec ancien « myrmêx », fourmi) : insecte hyménoptère terrestre vivant en colonies, selon un système de castes. Il existe un grand nombre d’espèces de myrmes et autant de modes de vie différents. Fait partie des quatre espèces d’insectes sociaux alliées aux Sœurs Ophrys.

    (Myrme)

     

    N

    Navil : fruit à pépins de couleur jaune citron, plutôt rond mais relativement informe et tout bosselé. La consistance de la chair gélatineuse peut faire penser au kaki et son goût ressemble à celui du coing.

    Navilier : arbre fruitier des zones tempérées à froide, aux feuilles caduques très foncées de forme ovale, produisant des fruits comestibles appelés navils qui se récoltent au début de la saison froide. Ses fleurs rouges et parfumées sont appréciées par les Thars pour leur esthétique, pendant le bref été boréal.

    Nemosia : nation centrale de la ceinture tropicale, située entre la Valoki et le Calsynn, dont la capitale se nomme Akoumbé. Essentiellement constitué de forêts et de plateaux vertigineux, c’est un grand territoire au relief marqué de nombreuses falaises. On y trouve les chutes d’eau les plus impressionnantes de toute la planète, en particulier le long du fleuve Nemos. C’est le plus grand cours d’eau de tout l’hémisphère, il parcourt des milliers de kilomètres.

    Neuralvidre : poison mortel synthétique fabriqué par des laboratoires clandestins du Tharseim, interdit par toutes les nations de la planète, le neuralvidre provoque un état d’engourdissement proche de la paralysie. Inodore et incolore, il peut être mélangé à une boisson ou de la nourriture en toute discrétion. Le sujet atteint finit par mourir dans d’horribles convulsions.

    Nurishaï (contraction de nutrition et Shaïli) : Sœur de l’ordre Ophrys spécialisée dans les relations avec les myrmes et la production de nourriture (cultures de plein champ ou souterraines pour les champignons, élevages d’insectes pour le miellat et la viande). Comme les insectes avec lesquels elles travaillent, elles sont omnivores et leurs activités sont très variées. Les Nurishaï sont les sœurs Ophrys les plus polyvalentes, elles portent des robes bleu turquoise.

    Nyam : plante aux feuilles oblongues et luisantes, largement répandue sous les climats tropicaux humides, produisant des tubercules violacés servant d’aliment de base.
     

    O

    Okal : la plus petite des deux lunes de la planète Entom Boötis. Rouge sombre dans la journée et écarlate la nuit, parfois violacée, cette lune est souvent considérée comme maléfique par les superstitieux. Il ne lui faut que 18 jours pour parcourir son orbite autour de la planète. Les éclipses avec Tau et Enil sont fréquentes.

    Okato : grande île nemosiane située sur l’océan Armaz, à l’ouest du continent unique.

    Ombrouge : citadelle calsy située au pied d’une faille dans la Muraille de Rouglace, gardant la frontière entre le Calsynn et le Tharseim. Elle barre le seul passage entre les montagnes à des centaines de kilomètres à la ronde. C’est la ville la plus proche de la Glacière et les Thars y sont implantés depuis plusieurs décennies, au point de contrôler toute la partie nord de la ville, y compris l’aéroport qu’ils ont eux-mêmes construit.

    Ordonnateur : plus haute autorité dans le Tharseim après le Grand Ordonnateur, le chef suprême. Équivalent de ministres, de secrétaires d’État et de conseillers gouvernementaux, ils sont plusieurs dizaines et chacun dirige une branche spécifique de la société nordique. Leurs tenues noires sont ornées de nombreux triangles monochromes en fonction de leur caste. Une bande violette est également présente sur leur col pour les différencier des autres hauts fonctionnaires.

    Ophrys : ordre spirituel féminin fondé sur l’énergie psychique appelée le Seid, ainsi que l’harmonie naturelle et la coopération entre les êtres vivants. Le nom est directement issu du grec « ophrys » (qui signifie sommet, hauteur, ou sourcil) et qui représentait un genre d’orchidées sur Terre. Le monastère principal de l’ordre se situe près de Leda, la capitale valokine.

    Orchis : autre genre d’anciennes orchidées terrestres. Ancienne faction mystérieuse de l’ordre Ophrys, dissoute environ deux siècles avant l’époque de Naëlis et Elorine.

    Ordoshaï (« ordo » en latin signifie « ordre ») : Shaïli de l’ordre Ophrys spécialisée dans les relations avec les vespères. Chevauchant ces grands prédateurs maîtres des airs, elles sont chargées de la sécurité des Valokins. Leurs robes sont bleu nuit, elles portent également des armures de chitine lorsqu’elles sont en service. Seules moniales de l’ordre qui portent des armes, elles ne s’en servent qu’en cas d’absolue nécessité.

    (Okal)

     

    P

    Pango : céréale répandue dans toute la Ceinture Tropicale, y compris dans la zone aride du Calsynn en raison de ses faibles besoins en eau. Les épis coniques sont dorés, produisant une farine largement utilisée dans la cuisine bien que les Valokins lui préfèrent le manil. Fermentées, ses graines servent également à fabriquer la bière de pango, un alcool gazeux très populaire.

    Parx (chaîne de) : massif volcanique situé aux confins du territoire peuplé par les humains, au sud, constituant une frontière naturelle entre la Valoki et le Kunvel équatorial. Les plus hauts sommets de la planète s’y trouvent, notamment le piton d’Okal.

    Phasil : ordre d’insectes herbivores et nocturnes des régions tropicales. Se protègent des prédateurs grâce à un camouflage imitant selon les espèces l’écorce, les branches ou les feuilles des arbres, parfois la mousse ou le lichen. Il en existe de nombreuses espèces aux couleurs et aux formes très variées.

    Piton d’Okal : volcan bouclier dominant la chaîne de Parx, inactif depuis plusieurs millénaires (alt. 9324 mètres). Constamment couvert de glace et auréolé de nuages, c’est le plus haut sommet de la planète.

    Plisme : insecte cavernicole endémique de la vallée des Mousses. Paisibles mangeurs de moisissures et de champignons, les plismes à carapace grise sont élevés par les Mousserands qui raffolent de leur chair ferme et parfumée, évoquant celle de la langouste.
     

    Q

    Quelidal : arbre-montagne des régions tropicales possédant la particularité de changer d’apparence selon son âge. Les juvéniles possèdent un tronc brun très noueux, couvert de boursouflures, de creux et de bosses. Ses feuilles sont vert émeraude. Après cinq cents ans de croissance environ, il commence à changer et ne produira des fruits qu’une fois passé le premier millénaire. À l’état adulte le tronc est devenu vert foncé, les feuilles triangulaires d’un vert pâle presque jaune.

    Quelis : fruits du quelidal de couleur orange, en forme de poires, très appréciés pour leur goût sucré et acidulé pouvant évoquer celui de l’ananas.

    Quinoa : ville notable au nord de la Nemosia, frontalière avec le Calsynn. À l’origine entourée d’une forêt primaire qui fut rasée par l’exploitation intensive du bois. Des plantations d’arbres bien alignés occupent la majeure partie du paysage au sud de la cité, tandis qu’au nord s’étend une gigantesque savane.
     

    R

    Rajiforme (mot français signifiant « en forme de raie », le poisson) : insecte volant de grande taille passant le plus clair de son temps dans les étages inférieurs du Kunvel, où pousse sa nourriture favorite. Paisibles frugivores dont la chair est empoisonnée, ce sont des animaux solitaires planant sur d’immenses ailes membraneuses.

    RIV (Relais des Insectes Voyageurs) : réseau d’auberges et de dresseurs d’insectes ayant assuré les voyages aériens ou terrestres à dos d’insecte sur tout le continent unique, pendant plusieurs siècles. Depuis que les Thars ont fortement développé les moyens de transport mécaniques, le RIV n’est plus utilisé qu’en Valoki et en Nemosia. Récemment, la montée en puissance des tribus de pillards ont obligé les Calsy à renoncer également au RIV dans le Calsynn, au profit des navires volants des nordiques.

    Rizom (voir Mousserands) : grand village divisé en deux parties distinctes et unique agglomération de la vallée des Mousses. La partie troglodyte, creusée au pied des falaises qui forment les plateaux de Nemosia au nord, abrite principalement des élevages d’arthropodes cavernicoles. La seconde partie du bourg, sur le sol, est constituée de huttes couvertes de végétaux servant d’habitations aux Mousserands.

    Rosemir : plante aromatique, décorative et médicinale de la Valoki. Minuscule en comparaison de nombreux autres végétaux de la planète (elle forme des buissons d’un mètre de haut), cette plante est très appréciée des humains pour sa taille, son parfum et ses couleurs. Les feuilles en forme de fuseaux sont bleu turquoise, les hampes de fleurs forment des dégradés qui vont du rouge au bleu, en passant par le rose et le violet. Le parfum peut faire penser à la lavande.

    Rouglace (Muraille de) : immense chaîne de montagnes culminant à plus de 3000 mètres d’altitude, s’étalant d’est en ouest sur une bonne partie de l’hémisphère nord. Elle forme une frontière naturelle entre le Calsynn et le Tharseim. Truffée d’appareils de détection et d’armes automatiques par les nordiques, ses roches friables sont également très dangereuses à escalader. Le seul passage terrestre est barré par la citadelle d’Ombrouge.

    (Muraille de Rouglace)

     

    S

    Saison Ardente : saison sèche en Valoki, correspondant à l’hiver dans le reste de l’hémisphère nord. Pendant trois mois, le climat devient caniculaire, il ne pleut pas et un vent aride dégage le ciel en permanence. Il est formellement interdit de faire du feu à l’extérieur pendant cette période, en Valoki.

    Samuca : arbre de la Ceinture Tropicale produisant des fruits ressemblant à des gros raisins jaunes de la taille de courges. Leur jus constitue un cocktail de vitamines souvent conseillé pendant les périodes de fatigue ou de convalescence. Les graines torréfiées sont utilisées comme élément de base d’une boisson chaude appelée muca très appréciée, souvent accommodée d’épices et de miel.

    Scolendre : grand myriapode carnivore des régions tropicales et arides. Redoutable prédateur venimeux mesurant jusqu’à vingt mètres, il s’attaque pratiquement à tous les insectes et ne rechigne pas à dévorer des humains s’il en a l’occasion.

    Seid : énergie psychique que les premières Sœurs Ophrys ont découverte sur cette planète, 79 ans après leur arrivée. On suppose que cette force étrange a contribué au gigantisme des espèces et au développement de l’intelligence des insectes sociaux les plus évolués.

    Shaïli : jeune moniale âgée de 19 à 30 ans, considérée officiellement comme membre titulaire de l’ordre Ophrys. Toutes les Shaïli portent une robe bleue et une pierre d’Ambremiel.

    Solioque siffleur : insecte orthoptère qui « chante »  en propulsant de l’air dans des tubes de différentes tailles sur son dos, produisant des trilles complexes très agréables pour l’oreille humaine.

    Sparg (du nom latin de l’asperge, « asparagus ») : arbuste grisâtre couvert de piquants, poussant dans le Calsynn, dont seules les toutes jeunes pousses qui commencent à sortir de terre sont comestibles pour les humains.
     

    T

    Tau Boötis : système solaire binaire situé dans la constellation du Bouvier, dont la composante principale est une étoile de type F blanc-jaune, sensiblement plus blanche et lumineuse que le Soleil de la Terre, accompagnée d’une naine rouge lointaine de classe M beaucoup moins massive. Le système Tau Boötis abrite douze planètes mais une seule est habitable (Entom Boötis). Tau est également le nom du soleil sur cette planète.

    Terim : insecte isoptère vivant en colonies dans des constructions colossales de terre. Les terims sont aveugles et se nourrissent principalement de végétaux, eux-mêmes prédigérés par des champignons qu’ils cultivent dans des chambres souterraines. Espèce d’insectes sociaux alliée aux Sœurs Ophrys.

    Tersidjan : grande ville nemosiane située en altitude dans la région des hauts-plateaux. Elle s’est considérablement agrandie depuis la chute de Meriv, une grande partie des Merivois s’y étant installés.

    Teylia : plante aromatique et médicinale poussant exclusivement dans les clairières ensoleillées de Valoki, souvent sur les zones rocheuses. Ses petites fleurs roses très odorantes servent d’aromates, ainsi que les feuilles.

    Thars(e) : habitant(e) du Tharseim. Leur pays a été fondé par la Corporation Nordique dont la doctrine est basée sur les sciences, le commerce, le matérialisme et la domination de l’Homme sur la nature. D’abord humaniste et paritaire, leur civilisation a progressivement sombré dans la décadence, le patriarcat et le cynisme.

    Tharseim : région tempérée à froide couvrant toute la partie boréale de l’hémisphère habitable, depuis la Muraille de Rouglace jusqu’au cercle polaire. Après six siècles de développement, c’est un territoire en grande partie ravagé par l’industrialisation massive et la pollution qui l’accompagne.

    Toïsan : cité maritime située sur les côtes orientales de la Valoki, dans la province du Jailong au bord de l’océan Armaz.

    Tourko : village valokin de la province de Leda dont la spécialité est l’élevage de vers à soie. Ces derniers se nourrissent exclusivement de feuilles de samuca, arbres abondants dans ce secteur.

    Triule : grand myriapode au long corps sinueux possédant trois angles, chacun garni d’une rangée de pattes, leur permettant d’avoir toujours au moins deux rangées de membres accrochées au sol ou au plafond des grottes. Des piques venimeuses couvrent leur corps de mille-pattes. Dans la vallée des Mousses, les habitants de Rizom les élèvent et se servent traditionnellement du poison contenu dans ces piques, pour enduire les flèches de leurs arbalètes ou de leurs sarbacanes.

    (Drapeau du Tharseim)

     

    U

    Urcalium : minerai apparenté au titane, utilisé massivement par les Thars pour la fabrication d’outils, d’armes et d’armures, ainsi que pour la coque de leurs véhicules. Jadis abondant sur l’ensemble de la planète, on n’en trouve plus aux latitudes élevées de l’hémisphère nord. L’urcalium fait partie des ressources du Sud que les nordiques convoitent fortement.
     

    V

    Vallée des Mousses : située au nord de la Valoki, cette vallée forme une immense cuvette humide au pied des falaises qui marquent la frontière avec la Nemosia. C’est une zone marécageuse abritant de nombreuses espèces de mousses, fougères et champignons, ainsi qu’une faune particulière aux milieux humides. La seule agglomération humaine de la Vallée des Mousses est le village de Rizom, ses habitants sont appelés les Mousserands.

    Valoki : vaste nation située au sud de la Ceinture Tropicale, constituant le territoire le plus proche de l’équateur habité par des humains. Séparée du Kunvel par la mer Serpentine et la chaîne de Parx. C’est une société matriarcale fondée sur la coopération et l’harmonie avec la nature. La Valoki est dirigée par les Veneris Matria de l’ordre Ophrys.

    Valokin(e) : habitant(e) de la Valoki. La plupart des Valokins sont assez petits et minces, bruns, avec une couleur de peau allant du jaune au noir en passant par toutes les nuances intermédiaires.

    Veneris Matria : mères supérieures et dirigeantes de l’ordre Ophrys (la « tête » de l’ordre). Elles sont les plus âgées et les plus vénérables des Matria, portant les mêmes robes blanches mais ornées d’un liseré arc-en-ciel.

    Vespères : insectes sociaux volants et dangereux prédateurs. À l’origine des espèces différentes étaient présentes un peu partout, jusqu’aux régions les plus froides pendant la belle saison. Il n’en existe plus aucune dans le Tharseim. Espèce alliée aux Sœurs Ophrys.

    Vinorge : arbuste géant au feuillage vert strié de nervures orangées, produisant des fruits succulents en forme de croissants. Fermentés, ces fruits servent à la fabrication d’une boisson alcoolisée portant le même nom, produite et consommée par l’ensemble de la population humaine sur Entom. Différentes variétés de vinorge existent en fonction des terroirs, les fruits sont mauves ou violets dans les régions tropicales, bleutés dans les zones tempérées. Leurs nombreux pépins peuvent aussi être séchés et utilisés comme une céréale.

    Vogueciel : nom donné à un type d’aéronefs fabriqué par les Thars, disposant de voiles solaires et dont la forme extérieure évoque un galion volant. Les sustentateurs électromagnétiques et les moteurs perpétuels dont sont équipés ces appareils les classent parmi les moyens de transport modernes les moins polluants à l’usage. Mais leur fabrication requiert des matériaux rares et s’avère extrêmement coûteuse.

    Voïd : officier exécuteur de la nouvelle armée d’élite du Tharseim sous le règne de Hirdan Pascor. Drapés de rouge écarlate, ils portent en permanence un masque de métal poli qui cache leur visage et reflète ce qui se trouve devant eux comme un miroir.  Montrant un comportement particulièrement brutal et inhumain, ils sont redoutés même par les Thars.

    (Vallée des Mousses)

     

    W

    Wudest : cité du Tharseim spécialisée dans l’agriculture et l’élevage, gouvernant la région la plus au sud du pays qui est considérée comme le « grenier » de ce pays.
     

    Z

    Zibril : arbre-montagne endémique de la Nemosia, qu’on ne trouve que dans une gigantesque forêt composée uniquement de ces arbres. On pense qu’il ne s’agirait que d’une seule et immense souche qui couvrirait des centaines de kilomètres carrés. Le Zibril est le symbole de la Nemosia, représenté sur le drapeau du pays.

    Zoë-kheria : ensemble des techniques d’utilisation du Seid visant à comprendre, apaiser et soigner les êtres vivants (contraction de « Zoë meta kheria » signifiant « la vie avec les mains », dérivé du grec). Seules les Sœurs de l’ordre Ophrys sont initiées à ces techniques, en particulier les Melishaï.

    Zolkin : monnaie tharse, communément appelée Zolk. Prend la forme de pièces métalliques à sept côtés ou de billets métalliques, si fins qu’ils peuvent être confondus avec du papier.

    (Zoë-kheria)