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  • Ambiances et Inspiration

     

    Salutation !

    Aujourd’hui pour changer un peu, j’ai envie d’écrire sur un sujet qui concerne toutes les personnes créatives : l’inspiration.

    D’où viennent nos idées ? Pourquoi à certains moments elles semblent s’imposer d’elles-mêmes, et à d’autres au contraire il faut se torturer les méninges pour en trouver ?

    Sommes-nous reliés par moments à un inconscient collectif, des esprits, des entités supérieures ?

    Le fait est que les personnes créatives, les artistes entre autres, ont parfois le sentiment d’atteindre une sorte d’état de grâce. Comme s’ils n’étaient par moments qu’une antenne, un vecteur, l’outil donnant forme à une énergie qui semble venir d’ailleurs, car la personne se laisse porter par l’action sans exercer de contrôle.

    J’ai pour ma part des affinités marquées avec trois formes de création différentes : l’écriture, le dessin et la musique. J’ai ressenti parfois cette impression avec les trois, en dépit de niveaux de maîtrise technique différents. À certains moments les mains sur le clavier, le cahier, la guitare ou la feuille de dessin, semblent savoir mieux que moi ce qu’il faut faire.

    Et bonne surprise, en général le résultat est à la hauteur du sentiment d’harmonie, de fusion avec l’illustration, la mélodie ou l’histoire qui est en train de se construire.

    Il peut même arriver que dix ans plus tard, en retrouvant ce que vous aviez réalisé, vous soyez surpris de constater que vous ne pourriez toujours pas faire mieux avec les mêmes ingrédients.

     

     

    Ces phases d’inspiration intense sont relativement rares, c’est bien ce qui les rend précieuses. Sommes-nous connectés avec autre chose dans ces moments-là, ou laissons-nous simplement le champ libre à notre inconscient ?

    À vrai dire nous n’en savons encore rien.

    Par contre je constate que nous avons la possibilité d’influencer notre état d’esprit, pour accueillir ces moments où nous sommes en phase avec notre activité.

     

    Paul_Cézanne_- Le_Baiser_de_la_Muse(Le baiser de la Muse – Paul Cézanne)

     

    La fameuse Muse des poètes, l’inspiration qui va et vient en suivant ses caprices, est une jolie image. Mais pour moi il ne s’agit que d’une représentation mentale, une métaphore.

    Quant à une inspiratrice incarnée dans un corps de chair, correspondant comme par hasard aux désirs de l’artiste, hum…

    À chacun ses petits trucs, après tout. Le principal est de les trouver.

    Cela fait quelques années que je me consacre sérieusement à l’écriture et mes propres croyances ont évolué au fil du temps. J’ai passé des heures devant ma feuille ou mon écran à espérer comme un benêt que l’inspiration revienne. Ça ne fonctionne pas.

    Vous pouvez l’attendre pendant dix ans l’inspiration, si vous ne faites rien pour la favoriser. Vous pouvez commencer 25 histoires et n’en terminer aucune, faute de conviction… Il ne suffit pas de donner du sérieux à ce qu’on fait pour en faire une réussite, mais c’est indispensable. Si vous attendez que tout soit parfait, vous attendrez toute votre vie.

    L’inspiration se travaille comme tout le reste, à mon avis. C’est avant tout une question d’état d’esprit et de lâcher-prise.

     

     

    Le concept est plus difficile à appréhender si vous ne pratiquez votre activité créatrice que de temps en temps.

    La fatigue et les soucis du quotidien risquent de prendre tellement de place que vous remettre sur votre projet semblera parfois titanesque. Et vous allez d’autant plus avoir tendance à attendre que les choses « reviennent toutes seules ». Mauvaise nouvelle, c’est le meilleur moyen de ne jamais finir.

    Il y a bien sûr tout un tas de clichés et de préjugés sur les artistes qui peuvent être autant de freins à la créativité.

    Le regard des autres, leur absence de soutien voire leur dénigrement, gâchent parfois de véritables talents. Même vos proches les plus bienveillants peuvent faire de très mauvais conseillers, en croyant savoir alors qu’ils ne connaissent que le même cliché que tout le monde.

    Si vous ressentez ce besoin, si vous croyez en ce que vous faites, écoutez-vous. Le jugement des autres ne doit pas vous détourner de ce que vous pensez. Même si vous devez vous planter, au moins vous n’aurez pas le regret de ne pas avoir essayé.

    En plus leur avis changera quand vous aurez atteint votre objectif. Parfois, les personnes qui vous avaient d’abord découragé(e) seront les mêmes à vous féliciter devant le fait accompli.

     

     

    Si vous souhaitez créer un produit de qualité, même si votre activité ne vous rapporte pour le moment pas le moindre argent, il faut y consacrer l’énergie et le temps nécessaires à un résultat professionnel. Il faut avoir le temps mais aussi la disponibilité mentale. Si votre quotidien vous préoccupe en permanence ce sera plus difficile.

    Il est nécessaire par moments de se couper du monde, de se plonger à 100% dans notre univers créatif. Sans quoi vous réussirez peut-être à produire quelque chose, mais qui sera largement en-dessous de votre potentiel. Ce serait quand même dommage.

     

    « Toutes les bonnes idées commencent par de mauvaises idées.

    C’est pourquoi cela prend si longtemps. »

    – Steven Spielberg

     

     

    Rien n’empêche de partager son temps libre en ne consacrant que les soirées ou les week-ends à votre activité de création. Mais il faut un minimum de régularité, de rythme, pour que votre cerveau acquière tout simplement l’habitude.

    Comme dans la pratique d’un sport ou d’un instrument de musique, il n’y a que par l’entraînement qu’on progresse. Ne pas agir pendant des mois est le meilleur moyen de stagner, voire de régresser. C’est d’autant plus frustrant de réaliser qu’on a perdu un certain niveau, il faut d’abord le retrouver avant d’espérer aller plus loin.

    Pratiquez au maximum, pensez à votre création quand vous le pouvez pour rester connecté(e) avec. C’est de là que viendra l’aisance, le lâcher-prise favorisant une imagination fertile et débordante d’idées.

    tux-ange

     

    Plein de petits détails peuvent favoriser cet état d’esprit, et cela passe par l’ambiance qui vous entoure. Il est évidemment préférable d’avoir l’esprit serein.

    En ce qui me concerne, le simple fait d’être dans un lieu de travail qui soit propre et rangé m’aide. L’intérieur de notre logement est un reflet de l’intérieur de notre tête. Je suis loin d’être maniaque mais un minimum d’ordre fait vraiment du bien.

    La mise en place d’une forme de rituel d’écriture est une aide précieuse pour créer une atmosphère.

    Certains vont faire brûler de l’encens, se servir un thé ou un café, écouter une musique précise, ou tout autre petit geste qui vous connecte avec l’habitude de pratiquer votre activité.

    Instaurer une ambiance propice, sans oublier de couper toute forme de distraction. Téléphone, télévision, courriel, réseaux sociaux sont à bannir. Vous les retrouverez bien assez tôt mais à ce moment privilégié que vous accordez à votre passion ou votre hobby, ils n’ont pas leur place. Le monde continuera de tourner mais votre projet lui, a besoin de toute votre attention. Vous êtes la seule personne qui puisse lui donner de la valeur, de la profondeur… ou pas.

    La musique est puissante pour créer une atmosphère. Selon l’univers dans lequel notre création se situe et le type d’émotions que nous souhaitons provoquer, le fond musical qui nous accompagne peut constituer en lui-même une source d’inspiration.

     

    Pour écrire une histoire, les bandes originales des films et des séries qui vous plaisent sont de très bonnes sources d’idées.

    C’est intéressant d’observer comment nous réagissons face à certains stimuli. Avec l’habitude d’écouter tel ou tel morceau, parfois dès les premières notes on ressent une différence dans notre disposition. Le générique de la série Utopia, par exemple, me plonge à chaque fois dans un état propice à l’écriture. Le cerveau enclenche le mode « imagination » à tous les coups, c’est amusant.

    Il y en a plein d’autres. Adaptez vos playlists selon l’état d’esprit que vous recherchez. Pour mes scènes les plus sombres je vais plutôt écouter du Black Metal symphonique ou la B.O du film Alien… pour des ambiances plus joyeuses je vais autant apprécier Amélie Poulain ou Doctor Who.

    En général les musiques plutôt calmes correspondent mieux à l’écrit. Pour dessiner je vais plus volontiers écouter des morceaux avec des paroles car j’aime bien chanter en même temps, ce qui est impossible en écrivant (le mental est beaucoup plus sollicité). Chaque activité et chaque émotion recherchée vont être favorisées par une certaine ambiance, liée à vos goûts personnels.

     

    ♪♫♪♪♫

     

    Parfois il est aussi très appréciable de travailler en silence.

    Silence relatif car des sons extérieurs peuvent attirer notre attention : le chant d’un oiseau, les bruits de la rue, une personne qui sifflote en passant sous notre fenêtre peuvent nous déranger, ou au contraire nous donner une idée supplémentaire qui n’aurait pas vu le jour sans cette coïncidence.

    Une scène écrite, une illustration ou un morceau de musique sont uniques parce que nous les avons créés à ce moment précis et à cet endroit. Tentez de recréer la même chose dans un autre contexte et le résultat sera différent.

    Je parle bien d’art et non d’artisanat. Je ne suis pas d’accord avec les écrivains qui se disent des artisans de l’écriture. Un artisan reproduit la même chose des centaines ou des milliers de fois, alors que chaque création d’un artiste est unique. J’espère pour eux qu’ils ne se contentent pas de reproduire la même recette dans chaque livre, les lecteurs vont finir par s’ennuyer.

    L’art n’est pas prétentieux en soi, c’est une forme d’expression comme une autre. Il n’y a pas de honte à produire de l’art ou de l’artisanat, mais autant ne pas les confondre. Fermons cette petite parenthèse.

    Si vous avez la chance de pouvoir créer dans un environnement calme, écouter sa propre musique intérieure est aussi une grande source d’inspiration.

    Dans le cas contraire ou si votre esprit est trop agité, écouter de la musique peut s’avérer nécessaire à cette coupure avec le monde extérieur et une certaine forme de lâcher-prise.

     

    Le rituel d’écriture ne suffit pas toujours à favoriser l’inspiration. Certaines fois c’est plus facile que d’autres de se plonger complètement dans notre activité, sans penser à autre chose.

    Mais même ces jours où l’on éprouve vraiment des difficultés, la persévérance peut être gratifiante. On se force un peu au début et finalement on arrive à se replonger dans l’ambiance. Le résultat peut s’avérer très surprenant. L’inspiration, nous pouvons aller la chercher.

    À partir du moment où l’on comprend l’intérêt de la réécriture, on ne cherche plus la perfection dès le premier jet. On accepte plus facilement qu’il est important d’avancer, même d’un tout petit pas à chaque fois, même quand on n’est pas dans une phase de créativité intense. Vous n’attendez plus d’avoir l’idée du siècle pour agir, car c’est dans l’action créative qu’une idée banale peut devenir un petit bijou.

    Une idée posée fait de la place pour d’autres. Une fois sortie de notre tête, on la voit aussi parfois sous un autre angle.

    L’inspiration se nourrit de la volonté que l’on met à avancer. Notre énergie engendre un mouvement, et avec la régularité, l’esprit s’oriente progressivement vers un cercle vertueux.

    ink-feather

    Ce n’est pas un hasard que je m’exprime sur ce sujet, je suis en train d’écrire une suite à mon roman.

    Le tome 1 a été envoyé à six éditeurs différents, et aujourd’hui quatre mois plus tard, j’ai reçu deux refus. Deux autres m’ont informé que le manuscrit passait en comité de lecture, et les deux derniers éditeurs ne m’ont pas du tout répondu. Voilà pour le moment où j’en suis dans mes recherches… j’attends patiemment, tout est encore possible.

    Ayant bouclé ma dernière réécriture en mai, juste avant d’envoyer le premier tome, je me disais qu’il serait peut-être dur d’enchaîner directement sur le deuxième. L’inspiration, les idées justement, n’allaient-elles pas manquer ? Eh bien non !

    Je viens de passer une partie de l’été à préparer ce deuxième roman, à chercher des idées puis à les poser sous la forme d’un scénario simplifié. Je viens de commencer la rédaction du premier jet depuis une semaine et j’en suis à une quarantaine de pages A4.

    Cela ne m’a pas empêché d’écrire des petits textes pour ce blog, une nouvelle pour le jeu de rôles Chiaroscuro pour lequel j’ai également dessiné des cartes et illustrations. J’ai du temps bien sûr, mais aussi parce que j’ai fait certains choix.

    Créez à partir de votre vécu et vos ressentis, au lieu de chercher des distractions pour passer le temps. Peut-être que vous procrastinez par peur de l’échec, alors que l’échec est nécessaire aux réussites futures.

    Les choses ne se font pas toutes seules, il faut se rendre disponible pour créer le terreau fertile sur lequel faire germer des idées. En apprenant à vous mettre dans le bon état d’esprit avec régularité, vous ne verrez plus l’inspiration comme un phénomène étrange qui vient vous visiter quand ça lui chante.

    Ou si vous préférez, vous provoquerez votre Muse, vous la séduirez en lui offrant un accueil à la hauteur. L’engagement total, bien qu’éphémère, dont elle a besoin pour vous emporter à l’intérieur de vous-même et y puiser le meilleur.

    Si votre inspiration est un joyau, soyez un écrin digne d’elle. Elle ne vous lâchera plus si facilement.

    Lancez-vous, échouez pour apprendre à réussir et progressez chaque jour vers votre objectif.

     

    À bientôt et bonne inspiration.

     

     



     


  • Forêt valokine

     

    Valoki, province de Leda – Année 608

     

    Naëlis progressait en souplesse le long du tronc colossal. Elle se servait parfois de ses crochets à cire pour escalader, mais l’écorce grise du luvaliane était couverte d’aspérités, de nœuds et de crevasses qui facilitaient la longue ascension. Une succession de cordes d’escalade permanentes assurait sa sécurité sur toute la hauteur de l’arbre fantastique.

    Elle aurait pu lancer un appel pour qu’une ouvrière vienne la chercher, ce qu’elle faisait d’habitude à l’aide d’un sifflet émettant des vibrations spéciales. Mais cette fois elle s’était lancé le défi de grimper par ses propres moyens, ce qui lui permettait aussi d’observer les autres habitants de la canopée.

    Le souffle court, la jeune femme s’accorda une pause en arrivant à l’intersection d’une énorme branche. Des myrmes rouges y surveillaient jalousement un troupeau d’aphidres aux carapaces bleues et jaunes. Comme les fourmis de la Terre élevaient des pucerons.

    Une vague de crainte traversa les aphidres indolents, les soldates myrmes s’avancèrent aussitôt en faisant claquer leurs mandibules tranchantes. Naëlis fut d’abord tétanisée face au danger, mais elle se ressaisit aussitôt.

     Les plus grands périls naissent de notre peur, pensa-t-elle en se remémorant les enseignements de sa Matria.

    Elle s’immergea dans le flux émotionnel du Seid pour projeter des ondes apaisantes. Les myrmes agitèrent curieusement leurs antennes en percevant les vibrations familières, puis se détournèrent pour reprendre la surveillance du troupeau. Elle était acceptée.

     

    red_ant(crédit photo : William Cho)

     

    Elle observa quelques instants les soldates mesurant près de deux mètres, dont les mandibules pouvaient trancher un membre humain sans effort. Sous bonne garde, les ouvrières plus modestes s’affairaient pour récupérer le miellat sucré des aphidres indolents, occupés quant à eux à sucer la sève de l’arbre.

    Naëlis avait un certain goût pour le risque, peut-être un peu trop parfois, elle en avait conscience. Mieux valait maintenir un bouclier psychique permanent, comme on le lui avait appris, même sur le seul arbre qu’elle pouvait prétendre connaître comme sa poche. Elle se résolut à maintenir une partie de son attention sur le halo protecteur qu’elle venait de former mentalement.

    Un impressionnant escarabe xylophage passa tranquillement à quelques mètres, monstrueux coléoptère en armure noire, inoffensif malgré ses mandibules démesurées. Un peu plus haut sur le tronc, elle pouvait deviner la silhouette longiligne d’un phasil caché dans un repli de l’écorce, paisible herbivore dont le camouflage imitait l’aspect du bois.

    Des zyrles translucides bourdonnaient joyeusement en s’élevant à la recherche des énormes fleurs blanches et capiteuses du luvaliane, qui commençaient tout juste à éclore. Les aporims pacifiques partageaient volontiers les fleurs avec les autres insectes et tout ce monde se croisait dans une incroyable chorégraphie aérienne. Les ailes iridescentes des merveillons lançaient de fugaces reflets multicolores en traversant les rais de lumière filtrés par les feuillages.

    L’entrée de la ruche était encore loin, Naëlis commençait à réaliser le gaspillage de temps et d’énergie que représentait cette escalade. Elle allait en avoir encore pour un moment.

    Est-ce de la vanité de toujours vouloir se démarquer de ses consœurs ?

    Dans le ciel céruléen, le soleil s’élevait majestueusement, sphère éblouissante d’or blanc. Naëlis évalua l’heure avant de détourner ses yeux de la lumière aveuglante.

    À ses pieds s’étalaient à perte de vue les prairies couvertes de fleurs, les bocages, les vastes forêts tropicales et les rivières tumultueuses de Valoki.

    La cité de Leda, baignée de soleil sur sa colline, était entourée de champs où s’activaient des humains, des insectes domestiqués et de rares machines. Des ballons dirigeables se croisaient dans le ciel au-dessus de la capitale, assurant des liaisons régulières entre les principales agglomérations.

    Depuis cette branche élevée, elle pouvait même apercevoir les plus hautes tours du monastère principal. L’ancienne terimière se dressait à l’écart de la cité, à l’orée des forêts géantes d’arbres-montagne, dominant de grandes clairières bordées de villages arboricoles.

    Loin au sud, la forêt sauvage s’étirait jusqu’aux montagnes bleues de Parx qui masquaient l’horizon, auréolées d’une chape de nuages permanente. Cette immense chaîne volcanique s’étendait sur tout le continent au niveau de l’équateur, résultat d’un très ancien cataclysme. Une gigantesque faille s’était ouverte au pied de la Chaîne de Parx et les eaux de l’Océan Armaz s’y étaient engouffrées, créant la tortueuse Mer Serpentine.

    Au-delà de cette mer et des montagnes bleues, se trouvaient les terribles jungles équatoriales du Kunvel, d’où aucun explorateur n’était jamais revenu. La Valoki représentait le dernier havre de civilisation humaine avant la frontière infranchissable de l’équateur.

    La hauteur vertigineuse à laquelle Naëlis se trouvait ne l’effrayait pas, elle était liée à cette colonie d’aporims depuis la fin de son adolescence. C’était sa plus grande responsabilité. Les vallées fertiles de la Valoki étaient tout ce qu’elle connaissait du monde. Elle allait devoir s’occuper de cette ruche jusqu’au jour où elle atteindrait le rang de Matria.

    À condition de le souhaiter et de réussir les épreuves, quand j’aurai trente ans.

    Devenir Matria comme Elorine, renoncer à l’enfantement en sacrifiant toute sa vie pour l’ordre, ou bien quitter le monastère pour fonder une famille. Un choix terriblement difficile, irréversible. L’impression que sa vie était toute tracée avait quelque chose de rassurant, mais aussi d’étouffant.

    Naëlis souffla pour évacuer ses appréhensions, il ne fallait pas gâcher le moment présent. Il lui restait de longues années avant de devoir prendre cette décision qui marquerait son avenir à tout jamais.

    Le présent avait indéniablement des aspects agréables dont il fallait profiter. Une brise chaude caressait son visage et faisait danser les boucles de ses cheveux. Elle ferma les paupières, se laissa bercer par les sifflements des grandes feuilles rouges du luvaliane qui frémissaient au moindre souffle d’air.

    Elle rouvrit les yeux en reconnaissant un bourdonnement caractéristique, alors qu’une butineuse descendait dans sa direction. L’aporim se posa sur la branche, s’approcha pour placer délicatement les extrémités de ses antennes sur son front. Pendant leur bref échange, l’ouvrière lui signifia qu’elle ne pouvait pas la prendre sur son dos à cause d’une blessure en voie de guérison. La Melishaï se souvint aussitôt de quelle butineuse il s’agissait.

    L’insecte décolla pour se placer au-dessus de la jeune femme, agrippant fermement la combinaison avec ses griffes avant de s’élever dans les airs. Naëlis se laissa porter jusqu’à l’entrée de la ruche.

     

    ♦♦♦

     

     



    Book_lover
    (crédit photo : Icely88)

     

    Salutations !

    Ce n’est pas un texte inédit pour aujourd’hui, juste cette courte scène que j’ai supprimée au cours de mes réécritures. Mes tout premiers lecteurs la connaissaient déjà, elle était même plus longue, mais elle ne sera pas dans le roman finalement.

    Pourquoi ? Cette scène est surtout descriptive, elle ne contient pas d’éléments indispensables à l’histoire. Alors je l’ai coupée, pour ne garder que la partie la plus utile de ce chapitre, dans le roman. Malgré tout, il y a dans ce passage des détails qu’on ne peut pas trouver ailleurs, alors je le partage ici.

    Je voulais aussi vous donner des nouvelles du roman. J’ai bien terminé mes réécritures, je viens d’envoyer mon manuscrit à plusieurs éditeurs de science-fiction, à la fin du mois de mai.

    Avant cela en mars, j’étais arrivé à ce moment dont je parlais dans mon article sur la réécriture. Quand on a enfin le sentiment d’avoir donné le maximum, tout seul devant son texte, cette impression de ne plus pouvoir faire mieux (pour le moment avec cette histoire, en tout cas).

    J’ai alors demandé à des amis et connaissances s’ils souhaitaient lire mon roman, pour me donner leur avis. Cinq personnes se sont portées volontaires, aimant lire ou écrivant aussi, et je les remercie pour le temps qu’ils ont passé à se pencher sur mon travail.

    Comme je m’y attendais, ils et elles ont trouvé des défauts, des petites incohérences ou des fautes de français qui m’avaient échappés. Chacun de mes relecteurs a pointé des choses à améliorer, selon sa sensibilité et ses goûts personnels. Mais à part sur certaines fautes ou coquilles, à ma grande surprise je n’ai pas eu deux avis identiques. Pas deux fois la même critique !

    C’est une petite consolation, car ils n’ont pas trouvé d’incohérence majeure, un gros problème qui aurait sauté aux yeux de tous. Globalement les retours sont positifs et ça fait très plaisir.

    Mais en même temps, c’est assez troublant de voir qu’un élément du texte représente un défaut pour l’un, alors qu’il ne pose aucun problème à un autre, et vice-versa.

    Je n’ai donc pas forcément modifié tous les points soulevés. Pour certains oui, clairement, des passages méritaient une précision ou une amélioration, j’étais d’accord. Pour d’autres au contraire, les remarques de mes premiers lecteurs m’ont permis de confirmer certains choix, qui sont liés à ma sensibilité et mes goûts personnels.

    On ne peut pas faire plaisir à tout le monde, et ce n’est pas le but, même si on espère que notre histoire plaira à un grand nombre de personnes. Je pense qu’il est important d’être sincère dans les idées qu’on exprime, et parfois cela implique de prendre position, de faire des choix.

    Après avoir recueilli les retours de mes relecteurs, et réécrit encore certains passages, j’ai donc envoyé le roman à des maisons d’édition. Patience maintenant, les éditeurs reçoivent beaucoup de textes… je vous tiendrai au courant.

     

    Je suis en train de construire le scénario du tome 2, histoire de rester dans le bain. J’ai encore pas mal d’idées à exploiter dans cet univers, j’aimerais bien écrire une trilogie. Peut-être plus, on verra.

    En ce moment j’écris à la main, sur un cahier dédié au développement des idées et des personnages. Plein de notes, des schémas, des ratures… ça commence à prendre forme. Les grandes lignes sont tracées et je vais détailler tranquillement le déroulement de chaque scène, avant de commencer l’écriture proprement dite.

    On est souvent tenté de commencer l’écriture dès que l’idée de départ nous convient, mais c’est prendre le risque de bloquer devant une page blanche au bout de quelques chapitres.

    Si vous écrivez aussi, je vous encourage à ne commencer la rédaction d’une histoire que lorsque vous connaissez déjà son déroulement et sa fin. Bien préparer le scénario vous évitera des migraines pour que tout soit cohérent. Et là je peux vous assurer que le blocage de la page blanche, vous ne l’aurez pas.

    La recherche d’idées est fastidieuse, ça ne se commande pas à volonté, et même quand on a des idées il faut encore les travailler. Mais il s’agit des fondations de la maison. Quand ce travail est fait, sur une bonne base, l’écriture vient d’autant plus facilement.

    Il faut du temps pour faire les choses correctement, patience et discipline sont les meilleures conseillères.

     

    Sinon, le jeu de rôles Chiaroscuro a bien été publié en fin d’hiver comme prévu. Nous avons commencé à travailler sur un deuxième ouvrage également, j’ai repris la cartographie et ces jours-ci je bosse sur une illustration. J’ai prévu d’écrire une nouvelle d’ambiance pour le jeu aussi.

    Voilà pour les petites news.

    Dans le prochain article, je pense vous emmener faire une balade en Nemosia, avant de retrouver les errances de Bakir Meyo.

     

    À bientôt.

     

     




  • Réécriture, le « dressage » du roman

     

    Salut les ami(e)s.

    Pour changer un peu cette semaine je vais vous parler de moi, ou plutôt de l’avancée de mon roman. C’est que je n’en ai pas parlé ici depuis mon tout premier article sur ce blog, au mois de juin, dont vous noterez le titre hyper original : Bienvenue !

    Dans cet article, j’expliquais que j’avais terminé un premier jet et que j’avais commencé la réécriture de cette histoire. Aujourd’hui quelques mois plus tard, où qu’il en est ce roman ?

     

    Eh bien, les choses ne se sont pas du tout déroulées comme je l’avais prévu. Ma réécriture n’est toujours pas terminée. Pour vous donner une vision d’ensemble, je vais reprendre cette histoire depuis son commencement.

    La planète Entom Boötis m’avait demandé pas mal de travail en amont du roman. Tout en commençant à noter des idées de personnages et d’histoires, parce que l’idée de départ vient toujours de là, j’ai d’abord travaillé le contexte. À quoi pouvait ressembler ce monde, quelles formes de vie allaient le peupler… Comment les humains y sont parvenus, comment ils ont pu s’adapter et finalement développer leurs propres sociétés.

    Ça m’a pris du temps, d’autant plus qu’en parallèle je travaillais sur le jeu de rôle Chiaroscuro, un projet initié par mon frère et qui nous a pris du temps aussi. Nous sommes dans les dernières phases de relecture et de peaufinage, le mois prochain sera lancée une campagne de financement participatif et nous allons publier le livre principal du jeu en janvier ou février.

    J’occupais aussi un emploi salarié et j’aime pratiquer d’autres activités. Je n’avais donc pas beaucoup de temps à consacrer à mon roman, ni d’énergie créative. Je n’avançais que par périodes.

    Logo(logo de Chiaroscuro que j’ai réalisé)

     

    Au début de cette année 2015, ayant bientôt terminé ce que je m’étais engagé à faire pour Chiaroscuro, j’ai décidé de me consacrer plus sérieusement à mon roman. Le décor était planté, des premiers chapitres étaient griffonnés et je n’avais plus qu’à faire vivre cette histoire. Je me suis donc mis à l’écrire assez intensément.

    C’est juste après que j’ai découvert les Studios Godefroy, qui proposent des formations pour aider les romanciers à construire des histoires captivantes. En mars, j’ai intégré le Club des Écrivains dont je fais toujours partie.

    J’y ai appris pas mal de techniques et d’erreurs à éviter, autant sur l’écriture elle-même que sur les différentes manières de raconter une histoire. Pour certaines techniques je les connaissais déjà, mais sans avoir forcément pris le temps de les analyser en détails comme le fait Fred Godefroy. En échangeant avec d’autres auteurs sur notre forum, j’y ai aussi trouvé beaucoup de motivation pour m’accrocher et ne pas baisser les bras à la moindre difficulté.

    Mais parmi les nouvelles choses que j’ai apprises, certaines m’ont poussé à remettre en question ce que j’avais écrit ou projeté d’écrire.

    J’étais en plein milieu de l’écriture et je commençais à voir des failles dans mon roman. Certaines scènes étaient inutilement longues, n’étaient pas assez intenses ou n’avaient pas vraiment un rôle important dans l’histoire. Je ne m’étais pas suffisamment préparé.

    Tant pis. Suivant les conseils de Fred, je me suis dit qu’il fallait arriver au bout de cette première version avant de tout remettre en question. Écrire une histoire complète, déjà. Puis viendrait le temps de la réécriture.

    Au printemps, j’ai eu la chance de partir une dizaine de jours au Vietnam. Cette occasion me semblait idéale pour faire une pause entre le premier jet et la réécriture, aussi je m’étais fixé pour objectif de terminer mon histoire avant de partir. Et j’y suis arrivé.

     

    Baie-de-Halong

     

    Le voyage était super et je suis rentré en France plein d’enthousiasme. J’ai imprimé tout mon roman pour commencer à le relire en prenant des notes directement sur les feuilles. Même si l’impression demande un peu d’encre et de papier, je la trouve très utile.

    Depuis que j’avais écrit dans un fanzine imprimé, je savais qu’on ne regarde pas un texte de la même manière sur l’écran de l’ordinateur ou sur papier. En tout cas chez moi, la différence est flagrante. Voir mes mots imprimés sur une page m’aide à prendre du recul, à voir mon texte non plus comme mon petit univers personnel, mais comme un roman qui sera partagé. Et donc à voir plus facilement les erreurs, les répétitions, les passages à améliorer voire supprimer.

    En mai, j’étais déjà à fond dans la réécriture. Boulot salarié aussi à côté, et puis c’est une période où le potager demande pas mal de soins… Arrive le mois de juin et les vacances scolaires qui se profilent à l’horizon. Comme je travaillais dans une école, j’allais avoir deux mois de vacances et donc plus de temps libre.

    Étant arrivé à réécrire un tiers de mon histoire en un mois et demi, je me suis dit qu’il était temps d’ouvrir un blog pour commencer à faire connaître un peu l’univers du roman. Je me suis fixé d’écrire un article par semaine tout en avançant sur ma réécriture, avec un peu de jardinage et de balades histoire de s’aérer aussi.

    En fait, je n’ai jamais eu autant de visites que cet été et ce début d’automne.

    J’habite un joli village médiéval en montagne. À la belle saison, il est fréquent que des amis viennent me rendre visite. Ils en profitent pour prendre l’air, se baigner dans la rivière, profiter du soleil et du calme de la nature… Par un curieux hasard de circonstances, dès la fin juin, les amis de passage se sont succédé chez moi. J’ai aussi hébergé une amie le temps qu’elle trouve un logement et du coup, j’ai eu du monde à la maison pendant plus de trois mois sans interruption.

    Je ne m’en plains pas, très heureux d’avoir eu autant de visites cette année. Mais il faut bien reconnaître que ça n’a pas été très bénéfique pour le roman. J’ai consacré l’essentiel de mon temps libre à mes amis et aux concerts, fêtes, balades et sorties que nous avons faits ensemble. Et bien sûr à mon potager, qu’il ne fallait pas oublier d’entretenir avec la canicule que nous avons connue.

    J’ai quand même avancé un petit peu sur mon roman mais concrètement, j’arrivais juste à assurer mon article hebdomadaire sur ce blog. Le site internet n’avait d’ailleurs pas été facile à prendre en main les premiers temps… L’été est vite passé.

     

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    Et maintenant ?

    Ce mois-ci, j’ai répondu présent à la demande de Marjorie Moulineuf, une amie auteure qui venait de finir sa réécriture, elle, et souhaitait mon avis sur son roman. Ce n’est pas le genre de chose qu’on me demande tous les jours et j’ai beaucoup de respect pour son travail. Alors j’y ai passé un peu de temps, pour lui faire un retour digne de ce nom.

    En passant j’ai adoré son histoire, un mélange de comédie et de SF très dynamique et drôle, c’était un plaisir. Elle a du talent Marjorie !

    Je me suis vraiment replongé dans mon roman ce mois d’octobre, ça y est enfin, m’y revoilà. Pour certaines scènes c’est juste du peaufinage, pour d’autres une réécriture complète. Aujourd’hui ma nouvelle version a dépassé la moitié de l’histoire.

    Mais vous vous demandez peut-être, pourquoi réécrire en fait ? Un écrivain n’est-il pas capable de sortir un roman comme ça, du premier coup ?

    Désolé de vous décevoir si vous aviez cette croyance mais non, absolument pas. Aucun auteur n’est capable d’écrire un texte sans défauts du premier coup. Même pas les plus grands.

    Il faut prendre du recul sur sa création, la faire lire à d’autres personnes pour bénéficier de regards extérieurs qui ne verront pas forcément les choses comme nous. Qui pointeront des défauts qui nous échappent tellement l’écriture est prenante. Une personne découvrant notre texte aura un regard neuf, qu’on ne peut plus apporter quand on connait l’histoire par cœur et qu’on a la tête « dans le guidon ».

     

    chaton-miroir(crédit photo : Christian Holmer)

     

    Écrire une histoire, c’est un peu comme planter un arbre ou adopter un animal. Certains auteurs comparent même cet acte de création avec un accouchement. En tant qu’homme je ne saurai jamais ce que ça fait d’accoucher, mais c’est vrai que l’écriture d’un roman y ressemble.

    Cela prend des mois voire des années à construire, on traverse des périodes d’exaltation et d’autres de profonde remise en question, parfois même de déprime. On y met beaucoup d’énergie, de temps, de réflexions et d’émotions. Puis un jour, on a pondu une histoire avec un début, un milieu et une fin. Parfois cette naissance, cette révélation de notre création au monde, est d’ailleurs très douloureuse.

    Mais je pense que cet « accouchement » n’est que la première étape en réalité.

     

    Revenons à ma comparaison avec l’arbre ou l’animal.

    Votre arbre est planté en terre, c’est un bon départ. Mais ce n’est que le début pour lui, il ne demande qu’à se développer dans de bonnes conditions et pour cela, il faut l’entretenir. L’arroser, lui donner des éléments nutritifs, le débarrasser d’éventuelles maladies ou parasites, mais aussi le tailler. Si vous voulez que votre arbre donne de beaux fruits, il faut encourager certaines branches et en supprimer d’autres, lui donner une forme.

     

    prunier(prunier, domaine public)

     

    C’est un peu la même chose avec un animal. Une fois sevré, il lui reste toute sa vie devant lui. Il faut s’en occuper correctement pour qu’il ait le plus de chances de s’épanouir avec vous. Et pour cela, il faut aussi l’éduquer, le « dresser ». Comme l’arbre abandonné et mal entretenu, l’animal non éduqué risquera de vous créer plus de problèmes que de joies.

    Un arbre, un animal, un jardin… un roman commence un jour son existence. Ce départ vous a demandé pas mal d’énergie et d’attentions déjà, mais vous ne pourrez pas toujours être là pour le protéger, il va devoir se débrouiller pour faire face au monde.

     

    Il faut tailler, dresser, éduquer son roman pour lui donner toutes les chances d’avoir un beau parcours et de faire son chemin sereinement.

    Si vous livrez votre histoire brute de décoffrage, sans l’avoir retravaillée, améliorée, vous offrez au monde un animal sauvage, indiscipliné, hirsute et peu abordable.

    Agrunia(crédit photo : Tambako the Jaguar)

     

    Un arbre mal taillé qui donnera des fruits moins nombreux, moins sucrés et moins gros, parce que vous ne lui avez pas apporté le meilleur de vous-même. Vous avez bâclé votre travail en étant trop pressé(e) d’obtenir des résultats.

    Je pense que c’est malheureusement une erreur fréquente parmi les personnes qui écrivent des histoires. On y passe tellement de temps, on y met tellement d’efforts que lorsque arrive le moment de réécrire, on en a marre. D’autant plus que c’est fastidieux, bien moins exaltant que la création elle-même. On veut voir tout ce travail se concrétiser, on perd patience.

    Et c’est un piège.

     

    Il vaut mieux se consacrer à peu de choses dans sa vie, en y mettant du cœur, plutôt que miser sur la quantité et la rapidité en voulant tout, tout de suite.

    Au final on risque de passer pour quelqu’un de pas très sérieux qui bâcle ce qu’il fait.

    Patience et persévérance. La qualité avant tout dans l’écriture. Avant la quantité, et surtout avant l’égo impatient qui pousse certaines personnes à rêver de détrôner les plus grands auteurs alors qu’elles n’ont pas accompli la moitié de leur travail.

    Si l’égo est la source de notre inspiration et de nos envies, il peut aussi être un piège terrible qui nous pousse à commettre des erreurs et à subir leurs conséquences. Tout un équilibre à trouver, là aussi. Pas seulement pour les artistes.

     

    Rien n’est jamais parfait dans nos créations, mais le meilleur moment pour décider quand une œuvre est terminée, c’est quand on a le sentiment qu’on lui a donné le meilleur dont on était capable. Tant qu’on n’a pas atteint ce moment, on peut faire mieux.

    Par impatience, on risque de regretter d’avoir rendu notre histoire publique sans lui avoir donné toute la valeur qu’elle mérite. C’est mon opinion.

     

    baby-cat(crédit photo : cut-cuts-the-cutter)

     

    Quand j’aurai terminé cette réécriture, je vais demander l’avis de regards extérieurs sur l’ensemble de mon roman. À des lecteurs et lectrices avisés. Je ne doute pas que ces personnes trouveront des choses à améliorer, des détails qui m’auront échappés. Sans doute y aura-t-il encore des modifications, des passages à réécrire. Et alors seulement, il sera temps de vous proposer cette histoire dans son intégralité.

    J’ai hâte que ce jour arrive mais il ne faut pas brûler les étapes.

    Chaque méandre du chemin a son importance. Si on regarde trop le sommet de la montagne on risque de trébucher. Alors profitons du paysage à chaque étape, il n’est jamais pareil. Prenons le temps de regarder où nous posons nos pieds, d’apprécier chaque moment, même les difficiles.

    Les choses devraient aller un peu plus vite pour mon roman à présent. Je vous tiendrai bien sûr au courant sur ce blog…

    À bientôt, prenez soin de vous.

     

    Sandro