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  • Le Relais des Insectes Voyageurs


    Le RIV ou Relais des Insectes Voyageurs fut créé pendant le règne de Shaïli Angama, période souvent considérée comme l’âge d’or de l’Ordre Ophrys.
    Cela faisait une vingtaine d’années que la Valoki était un pays à part entière, ses frontières s’étendaient alors jusqu’au Calsynn. À cette époque, l’immense nation tropicale englobait aussi les territoires qui réclameraient bien plus tard leur indépendance sous le nom de Nemosia.

    Les Sœurs Ophrys tenaient à ce que leur société se détache au maximum de la technologie industrielle. Mais sans les engins volants fabriqués dans les usines des Thars, certaines distances à parcourir pouvaient rendre les voyages extrêmement longs.
    L’usage des ballons dirigeables se généralisa rapidement pour effectuer de longs trajets. Cependant, ils s’avéraient assez lents et il n’était pas toujours pratique de devoir se limiter aux horaires ou aux destinations des transports en commun.

     

    Seules les moniales étaient capables d’utiliser le Seid pour chevaucher des insectes sociaux. Mais les aporims et les vespères, indispensables à leurs colonies, ne pouvaient effectuer de très longs parcours. Même les Sœurs avaient besoin de trouver d’autres moyens de voyager.
    L’idée du Relais des Insectes Voyageurs fut développée par une famille d’éleveurs valokins de la province du Jailong. Cette famille fut pionnière dans le dressage de montures ailées, les premiers élevages s’étant jusqu’alors limités aux usages agricoles.

    Les escarabes avaient été les premiers insectes géants domestiqués, d’abord pour leur chair et leurs œufs. Leur docilité permettait également de les utiliser pour les labours et comme animaux de bât. Mais s’ils se montraient très endurants et capables de transporter de lourdes charges, leur lenteur ne favorisait pas les voyages au long cours.
    Les autres animaux d’élevage tels que les copoces, triules, plismes… ne pouvaient servir de montures pour des raisons morphologiques ou comportementales.

    Après des tentatives infructueuses sur diverses espèces, les dresseurs de montures commencèrent à obtenir des résultats intéressants avec des locustrelles et des locristes.


    Ces deux familles proches d’insectes herbivores possèdent des ailes et des pattes arrière très longues et musclées, leur permettant d’effectuer de grands sauts.
    Les locustrelles se servent de leurs ailes pour prolonger leurs bonds en planant dans les airs, tandis que les locristes sont réellement capables de voler. Il en existe des dizaines d’espèces réparties sur tout l’hémisphère nord.
    Leur usage se généralisa rapidement, même jusqu’au Tharseim pendant la belle saison. Durant quelques années, ce furent les seuls types de montures ailées utilisées par le RIV. Puis l’on parvint même à dresser les membres d’une autre grande famille d’insectes, carnivores ceux-là : les odolules.

     

    ◊♦◊

     

    Au fil du temps, les odolules devinrent les montures volantes privilégiées du Relais des Insectes Voyageurs.
    En dépit de leur rôle naturel de prédateurs, elles n’attaquent jamais les humains. Elles volent bien plus rapidement que les locristes et vivent aussi plus longtemps à leur stade d’imago (l’âge adulte).
    En revanche, leur élevage représente de plus grandes difficultés en raison de leur premiers stades de développement.
    En tant que larves, les odolules sont d’abord des animaux aquatiques.
    Les élevages doivent donc se situer près de rivières, d’étangs ou de lacs. Il faut patienter de longs mois pour qu’elles atteignent leur dernier stade de développement. Et là seulement peut commencer leur dressage en tant que montures aériennes. Il reste avantageux pour les éleveurs de suivre leur évolution dès la sortie de l’œuf, afin qu’elles soient déjà habituées à la présence humaine au moment de leur premier envol.


    La plupart des points d’accueil du RIV sont des fermes-auberges basées sur le même fonctionnement.
    D’une part, un élevage où sont dressées et soignées les montures. De grands enclos en dôme sont utilisés pour parquer les animaux disponibles, en général entourés de bâtiments abritant sellerie, infirmerie et réserves de nourriture, sur le modèle du caravansérail terrestre.
    D’autre part, une auberge pour accueillir les voyageurs qui louent les insectes. Elle propose le gîte et le couvert pour des tarifs très variables selon les endroits, pouvant aller du simple au double.
    Les infrastructures et la main d’œuvre nécessaires au bon fonctionnement de ces établissements imposent une gestion en équipe, bien souvent familiale.

     

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    Toutes les montures du RIV sont louées à la journée. Elles sont dressées pour rentrer toutes seules dans leur élevage d’origine, dès qu’elles sont relâchées après une bonne nuit de repos. Il est donc primordial pour les voyageurs de savoir se diriger vers leur prochaine halte du jour qui est toujours définie à l’avance. Tous les relais successifs sont distants maximum d’une journée à vol d’odolule.
    Il est formellement interdit de déroger à ces règles.
    Des pauses régulières sont effectuées, en moyenne toutes les deux heures. En général, les propriétaires fournissent des rations de nourriture séchée qu’ils accrochent à la selle de la monture pour qu’elle reprenne des forces lors de ces pauses.

    Les odolules portent une muselière en vol pour leur éviter de se mettre en chasse d’autres insectes.
    Elles ont très peu de prédateurs et sont éduquées à voler en altitude lors de leur voyage retour. Les accidents sont rarissimes. Si par malheur l’animal ne rentre pas ou qu’il est blessé en arrivant dans sa ferme, le locataire de la monture risque de devoir rembourser le dresseur à la hauteur du préjudice subi. Peut s’y ajouter une peine de prison en cas de maltraitance avérée, selon le pays.

    Pendant plusieurs siècles, le Relais de Insectes Voyageurs resta le moyen de transport individuel privilégié sur l’ensemble des Ceintures Tropicale et Désertique.
    C’est seulement dans le Tharseim que les insectes volants ne purent jamais prendre autant d’importance que les véhicules technologiques. D’une part en raison de la longue saison hivernale pendant laquelle les arthropodes hibernent ou meurent… mais aussi en conséquence des décisions économiques et politiques des dirigeants qui se sont succédé à la tête de la grande nation nordique.


    Dans le Calsynn, l’avènement de certains clans de pillards a compliqué les choses quelques années avant que débutent les aventures de Naëlis Dirmel et Elorine Sequoia racontées dans les romans. Les voyageurs isolés et les caravanes peuvent être ciblés par des attaques de ces pillards dont certains pratiquent l’esclavage.
    La traversée du Calsynn n’a jamais été facile en raison des dangers représentés par les animaux carnivores, l’aridité du désert et la fréquence des tempêtes de sable. Elle est récemment devenue encore plus périlleuse. Le Relais des Insectes Voyageurs a fini par disparaître complètement de la Ceinture Désertique.

    Après que la Nemosia ait pris son indépendance vis-à-vis de la Valoki, les relations sont tout de même restées cordiales entre les deux nations. Les insectes du RIV et leurs passagers ont longtemps pu circuler librement dans toute la Ceinture Tropicale.
    Mais depuis quelques décennies, les Nemosians se sont nettement rapprochés des Thars. Ils ont favorisé la production industrielle dans tous les secteurs de leur économie. Les aérodocks se sont développés dans la plupart des agglomérations, au détriment du RIV dont les établissements tendent à se reconvertir.


    Même la paisible Vallée des Mousses, dont les habitants ont vécu sans technologie moderne pendant si longtemps, ne compte plus qu’un seul relais dans le village de Rizom. De moins en moins fréquenté par des voyageurs à dos d’insecte, il risque là aussi d’être remplacé un jour par une piste d’atterrissage pour les vaisseaux modernes.

     

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    En ce début de 7ème siècle, il n’y a plus qu’en Valoki que le Relais des Insectes Voyageurs n’est pas menacé de disparition, à plus ou moins long terme. Il y est toujours autant utilisé depuis l’époque de sa création.
    Du moins, c’est ainsi que se présente la situation au début des romans… Beaucoup de choses sont amenées à changer au fil de la trilogie en cours.

    C’est un monde en changement.
    Aussi, toutes les situations présentées sur ce blog sont antérieures au début du premier livre. C’est l’occasion de rappeler que les lecteurs et lectrices peuvent parcourir l’ensemble des textes mis en ligne ici, sans y trouver de révélations sur les intrigues des romans.

    D’ailleurs le deuxième tome de la trilogie avance bien, je pense toujours le publier avant la fin de cette année.
    Et d’ici là, il y aura sûrement d’autres articles à lire sur le blog…

    Je vous souhaite un très bel été.




  • Légendes valokines (3) : L’intelligence des myrmes

     

    Valoki, future province du Jailong – Année 79

     

     

    — Que personne ne tire ! s’écria Shaïli.

    — C’est une blague ? lança Bert. On va se faire déchiqueter !

    Les myrmes resserraient leur étreinte inéluctable. Cernés de tous les côtés, les humains se blottissaient les uns contre les autres en brandissant leurs armes. Leur groupe ressemblait à un gros animal roulé en boule et hérissé de canons. Figé par la peur.

    La soldate la plus proche se montrait curieuse avec la mitrailleuse de Bert. Elle eut un mouvement de recul en touchant le canon encore chaud. Puis ses antennes se mirent à palper la grande arme sous tous les angles.

    Suivant une intuition, Shaïli pointa son fusil vers le sol. La myrme qui se tenait devant elle osa s’approcher à son tour pour examiner son arme.

    — On dirait qu’elles comprennent d’où vient le danger, dit-elle. Baissez-tous vos flingues !

    — Mais ça va pas dans ta tête ! rétorqua Palden. T’es folle ou quoi ?

    — Faites ce que je dis, insista Shaïli. Baissez vos canons et verrouillez les crans de sureté !

    Certains canons furent abaissés, des myrmes baissèrent aussi leurs mandibules pour ne mettre que leurs antennes au contact. Une bonne quinzaine de soldates entouraient les humains en touchant ces étranges objets métalliques qui produisaient un bruit effrayant.

    Les myrmes s’intéressaient aussi aux tenues des humains, à leur peau et leurs cheveux. Elles manifestaient une curiosité évidente. L’une d’elles parvint à enlever délicatement le chapeau de Solveg pour observer sa tête. La spécialiste en techniques de survie paniqua et releva son canon. L’insecte rouvrit aussitôt ses mandibules.

    — Ne la touche pas, saleté ! cria Romuald en pointant sa mitrailleuse.

    Son arme était presque aussi impressionnante que la rotative de Bert. Plusieurs myrmes firent claquer leurs tranchoirs. Romuald perdit son sang-froid quand l’une d’elles faillit le mordre. Une rafale de gros calibre faucha le premier rang d’insectes devant lui. Ce fut une terrible erreur.

    Toutes les myrmes se jetèrent sur eux. Les humains furent obligés d’ouvrir le feu pour repousser l’assaut. Les armes automatiques crachèrent leurs projectiles explosifs en pulvérisant des dizaines de soldates qui se ruaient sur eux toutes mandibules dehors. Certaines se retournaient au dernier moment pour tenter de les atteindre avec un dard venimeux au bout de l’abdomen. Lihn fut blessée au ventre.

    Devant le carnage, les insectes reculèrent un court instant. Les explorateurs en profitèrent.

    — Courez ! lança Palden.

    Tirant sans discontinuer en poussant des cris, ils réussirent à se frayer un passage dans la masse d’insectes qui leur barraient la route. Ils partirent vers leur campement à toutes jambes, en arrosant les alentours de balles dans le plus grand désordre. Les myrmes se ressaisirent et se lancèrent à leur poursuite alors qu’ils contournaient le cénote.

     

    (cénote mexicain. crédit photo : Serge Melki)

     

     

    Romuald voulut assurer l’arrière-garde mais il se fit dépasser par le nombre, les soldates le découpèrent en morceaux. En voulant lui venir en aide, Solveg fut blessée au bras et sauvée de justesse par Palden. Lui s’en sortit avec une belle plaie dans le dos.

    Bert envoya des grenades au phosphore au milieu de la horde d’insectes qui continuaient d’affluer depuis l’autre côté du cénote. Les explosions firent des dégâts monstrueux parmi les myrmes et la végétation alentours. Le souffle incendiaire brûla tout ce qui se trouvait dans son rayon d’action. Les rafales des armes automatiques balayèrent ce qui restait.

     

    Les myrmes cessèrent la poursuite, estimant sans doute que leurs pertes étaient trop importantes pour donner la chasse aux intrus mis en fuite. La colonie avait perdu un grand nombre de combattantes, mais les indésirables étaient repoussés. Des ouvrières ne tardèrent pas à revenir sur le champ de bataille pour rassembler des dizaines de leurs congénères mortes au combat, la plupart calcinées.

    Les humains réussirent à sortir de cette nasse terrible en ne laissant qu’un mort derrière eux. Mais il leur fut impossible de récupérer ses restes.

    Ils rejoignirent leur camp avec trois blessés. Palden et Solveg étaient touchés assez légèrement, en revanche Lihn était mal en point. Son ventre portait une profonde entaille empoisonnée, à la limite de l’éviscération. La géologue aux yeux bridés avait été ramenée sur les épaules de Harald, qui avait dû abandonner son arme dans le feu de l’action pour lui sauver la vie.

    Nami et Curtis firent de leur mieux pour soigner les blessés, mais il fut convenu d’évacuer Lihn en urgence.

    La technicienne radio, c’était Ruby. Se remettant de ses propres blessures et insistant pour faire son travail, elle se traîna jusqu’à son matériel pour demander de l’aide à la base de Rizom.

    Palden et Solveg purent ressortir de l’infirmerie après quelques minutes. Leurs plaies étaient heureusement superficielles, en partie grâce à leurs vêtements rembourrés et renforcés par endroits de plaques de protection.

    Effondrée par la mort brutale de Romuald, Solveg devait faire face à une autre douleur. Ces deux-là flirtaient depuis quelques temps. Bert aussi était très affligé par la disparition de son collègue expert en armement.

    Quelques membres de l’équipe les réconfortaient comme ils le pouvaient quand la navette des secours se posa, dans la clairière où ils avaient établi leur camp. Lihn avait perdu connaissance mais son état était stable. Elle fut installée sur un brancard et emportée dans le vaisseau, sous les regards anxieux et attristés de ses compagnons. Ils purent récupérer un peu de matériel médical avant que la navette ne redécolle et disparaisse dans le ciel crépusculaire.

     

     

    Les explorateurs se réunirent autour du feu, les mines défaites. Leurs sentinelles veillaient aux abords du camp avec des appareils de détection. Tout semblait à nouveau calme dans la jungle.

    — On aurait pu éviter tout ça, affirma Shaïli. Je suis sûre que les myrmes allaient nous laisser partir en paix.

    — Tu parles ! dit Solveg. Elles se demandaient plutôt si on était comestibles !

    — Mais vous avez bien vu qu’elles ont fait preuve d’intelligence !

    — Je n’irais pas jusque-là, intervint Palden.

    Sa sœur se tourna vivement vers lui.

    — Tu connais déjà cette espèce, peut-être ?

    — Non, reconnut-il. Mais ça reste quand même des myrmes…

    — Celles-ci sont différentes, s’obstina Shaïli. Elles réagissaient en fonction de nos propres gestes.

    Elle chercha des yeux l’approbation des autres. La plupart évitèrent son regard.

    — Solveg a raison, dit Bert. C’est de la vermine ces bestioles.

    — Je suis d’accord avec Shaïli, pour ma part, annonça Curtis.

    Celle-ci le remercia d’un sourire. Même si elle ne voulait pas se l’avouer, Shaïli avait un faible pour Curtis. Elle s’était promis de ne pas s’attacher, bien sûr, elle avait de bonnes raisons pour cela. Mais on ne choisit pas vraiment ce genre de chose. Le problème surtout, c’est qu’il était avec Bert. Les deux hommes échangèrent d’ailleurs un regard embarrassé après avoir exposé cette différence d’opinion.

    — Ces myrmes ont compris que nos flingues sont nos armes, se justifia Curtis. Je l’ai senti aussi.

    Nami et Alicia approuvèrent. D’autres semblaient indécis.

    — N’importe quoi, dit Ruby en hochant la tête de gauche à droite.

    Shaïli se retint de lui coller une gifle pour effacer son petit air supérieur.

    — Vous délirez, trancha Palden. Même si les insectes sociaux montrent une certaine forme d’intelligence collective, elle reste assez primaire. Aucune espèce n’est capable de comprendre que nous utilisons des outils.

    — Aucune espèce connue, peut-être, rectifia Shaïli.

    — Tu prêtes à ces animaux bien plus d’intelligence qu’ils n’en ont, affirma son frère d’une voix dure. Je n’interviens pas dans tes travaux sur les plantes alors laisse-moi faire mon boulot comme je l’entends. Je te rappelle que c’est moi, le zoologiste de ce groupe.

    Shaïli lui lança un regard perçant mais ne dit plus rien. Elle ne tarda pas à s’éloigner vers les guetteurs pour prendre son tour de garde, un peu en avance.

    Ruby s’approcha de Palden et le prit dans ses bras, ils échangèrent un long baiser tandis que les autres se lançaient dans des discussions par petits groupes. Peu se rangeaient à l’avis de Shaïli.

    Tellement d’aventuriers avaient déjà péri, depuis toutes ces décennies de découvertes et de colonisation. Tellement avaient dû s’habituer à vivre avec de graves séquelles, à cause de confrontations avec les insectes géants de ce monde. Le désert puis les tropiques se révélaient des régions nettement plus peuplées et dangereuses que le Tharseim. À mesure qu’ils approchaient de l’équateur, ces nouveaux territoires dévoilaient une faune et une flore encore plus étranges.

    — C’est vrai qu’on aura bientôt un champ de force pour protéger les campements ? demanda Alicia, la cartographe. On aura de véritables zones de sécurité…

    — Oui bientôt, mais c’est seulement un prototype, répondit Harald.

    Harald était un ingénieur spécialisé dans les structures nomades. Il pouvait aussi bien superviser la construction d’abris primitifs que réaliser les plans de tout un village démontable.

    — Il paraît qu’on va avoir des armes soniques aussi, ajouta Bert. Réglables pour tuer ou juste repousser…

    — On ne sait pas quand on recevra tout ça, conclut Palden. Pour le moment, on fait sans.

    Peu enclins à aller se chercher un morceau de myrme grillée au phosphore, ils se contentèrent de rations de survie. Et leur troisième journée d’exploration se termina ainsi.

     

    Des passages d’insectes isolés furent signalés pendant la nuit.

    Le lendemain dès l’aurore, les sentinelles donnèrent l’alerte. Tout le camp se réveilla sur le pied de guerre. Les myrmes à l’apparence métallique arrivaient en nombre. Elles avaient envoyé des éclaireuses discrètes pour les retrouver avant de lancer une contre-attaque.

     

    (crédit : antclub.ru)

     

    La puissance de feu des humains leur permit de tenir bon, le temps de se regrouper autour de leurs blessés en appelant des renforts par radio. Deux vaisseaux vinrent très vite leur apporter un appui aérien. Les tirs des mitrailleuses lourdes et les bombes larguées depuis le ciel firent pencher radicalement la balance, décimant les myrmes. Les déflagrations brûlantes rasèrent une grande partie de la forêt à cet endroit.

    Les insectes survivants battirent en retraite jusqu’à leur nid, mais les vaisseaux les traquèrent et bombardèrent aussi la myrmilière. Ce fut un nouveau massacre.

    Les humains étaient parvenus à s’imposer une fois de plus. Mais à quel prix. Tout l’espace sauvage qui s’étendait de leur campement jusqu’au cénote n’était plus qu’un spectacle de désolation.

    Une petite expédition menée par Shaïli explora les restes de la myrmilière, de nombreuses salles souterraines n’avaient pas été anéanties par les souffles brûlants.

    Ils découvrirent un astucieux dédale de tunnels encore debout, jonché de carcasses d’insectes carbonisées. De vastes espaces de culture pour différents champignons. Au fond du nid, ils trouvèrent des survivants rassemblés autour de leur reine. Des dizaines de nouveaux œufs ne demandant qu’à éclore.
    Shaïli se montra intraitable.

    Ils quittèrent précipitamment les lieux avant qu’un nouveau combat ne s’engage, et cette fois réussirent à ne pas aggraver les choses. Cette myrmilière pouvait encore survivre et se développer à nouveau, si les humains lui en laissaient la chance.

    Mais cette découverte s’ébruita et une autre expédition vint leur donner le coup de grâce quelques jours plus tard, alors que Shaïli était occupée ailleurs, par peur de représailles.

     

     

    ◊♦◊

     

     

    Les semaines suivantes ressemblèrent beaucoup à ces premières journées. Au prix de quelques morts et blessés supplémentaires, le territoire des explorateurs ne cessa de grandir. Leur premier camp devint une base puis un village.

    Ils rencontrèrent d’autres espèces d’insectes sociaux, très différentes dans leurs fonctionnements mais tout aussi évoluées.

    Après l’intelligence des myrmes, ils purent constater la discrétion des aporims, paisibles butineuses ailées qui les évitaient et dont les nids étaient bien cachés, très haut dans le tronc de certains luvalianes. L’ingéniosité des terims avec leurs constructions colossales s’élevant jusqu’à la canopée. La ruse des vespères qui s’abattaient parfois du ciel pour chasser les aventuriers isolés.

    Toutes ces nouvelles espèces déconcertantes montraient les signes d’une intelligence plus développée encore que les insectes qu’ils connaissaient déjà. Elles représentaient un danger bien plus important que les prédateurs solitaires, dont certains s’avéraient déjà redoutables. Une partie de ces créatures-là semblaient pourtant chercher une forme de contact pacifique, mais peu d’humains étaient disposés à le reconnaître.

    Chaque fois, les explorateurs s’imposèrent par la force.

    Face à leurs pertes, ils ne réagirent dans leur majorité que par un surcroît de violence. Nombre d’entre eux n’éprouvaient pour les insectes géants que du mépris, parfois de la haine.

    Shaïli était affligée par cet énorme gâchis. Elle n’était pas la seule. Palden regretta aussi parfois de ne pas avoir l’occasion d’étudier une nouvelle espèce avant que la situation dégénère. Mais sa sœur était la plus affectée de tout le groupe. Elle était persuadée qu’une autre voie était possible avec les insectes sociaux.

    La suite des évènements la plongea dans l’amertume. Toujours elle tenta de trouver des solutions pacifiques, mais trop peu nombreux étaient celles et ceux qui se rangeaient alors à ses arguments.

    Jusqu’au jour où elle trouva une substance aux propriétés étonnantes. Cette découverte allait changer sa vie et jusqu’à l’équilibre des sociétés humaines de tout l’hémisphère.

    Ce n’était pourtant que du miel…

     

     

     

     



     


  • Légendes valokines (2) : Forêt sauvage

     

    Nord de la Valoki, future province du Jailong – Année 79

     

     

    D’énormes mandibules saisirent le corps de la manticre et le broyèrent en émettant un horrible craquement. Le corps de l’insecte fut sectionné en deux. Sa captive humaine s’étala sur le sol.

    Dans la seconde qui suivit, une balle explosive tirée par le fusil de Palden manqua sa cible et se perdit dans la végétation.

    Une seconde manticre encore plus grande venait de se jeter sur la première en un clin d’œil. La prédatrice brune qui allait tuer Ruby devait faire dans les trois mètres de haut. Celle-ci, entièrement blanche et ressemblant à une immense fleur, mesurait presque le double. Ces grands carnassiers sauvages s’adonnaient volontiers au cannibalisme.

    Les autres membres du groupe arrivèrent en trombe en entendant les cris et le coup de feu. La grande manticre blanche s’enfuit aussitôt, emportant une moitié de sa proie pour la dévorer dans un endroit plus tranquille.

     

    (Mante orchidée. Crédit photo : Luc Viatour)

     

     

    Palden se précipita vers Ruby en même temps que Nami et Curtis, le médecin et l’infirmier de l’équipe. La blessée était en état de choc, tremblante, au bord de l’évanouissement. Les pattes garnies de crochets avaient creusé des plaies sanguinolentes sur sa peau. Les mandibules avaient lacéré son cuir chevelu, du sang coulait de sa tête. Mais elle était vivante.

    Ses blessures furent désinfectées et pansées, on lui administra un sédatif et elle fut transportée au campement en vitesse. Ruby fut installée dans l’abri de fortune le plus confortable, où Nami et Curtis continuèrent les soins. Elle avait eu beaucoup de chance malgré tout.

     

    Rassuré sur son état, Palden ressortit de l’infirmerie improvisée après un long moment. La nuit tombait sur la forêt sauvage.

    Shaïli et d’autres membres du groupe avaient ramené les affaires abandonnées par le couple à la rivière, principalement les vêtements de Ruby. Ainsi que l’autre moitié du corps de la première manticre.

    Quand Palden les rejoignit, le frère et la sœur échangèrent un regard. Elle vit dans ses yeux qu’il n’était pas nécessaire de lui faire la morale, il avait compris son erreur et s’en voulait. Mais Shaïli profita de son avantage pour s’adresser à tout le groupe.

    — Nous entrons à présent sur un territoire complètement sauvage et imprévisible. Les protocoles de sécurité deviennent incontournables. À partir de maintenant, on ne commet plus d’imprudences et on arrête de jouer les têtes brûlées. D’accord, tout le monde ?

    La plupart acquiescèrent. D’autres gardèrent le silence en observant Palden, mais il regardait ailleurs sans réagir.

    Chacun retourna vaquer à ses occupations. Le frère et la sœur firent quelques pas ensemble à l’orée du camp, sous la surveillance des guetteurs. La nuit était déjà noire sous les tropiques.

    — Je n’aime pas trop Ruby… dit Shaïli tout bas. Mais j’espère qu’elle va bien s’en sortir. C’est risqué, ce que tu fais.

    — Comment ça ?

    — Si tu n’avais pas cette relation avec elle, tu n’aurais pas oublié d’être prudent. Tu ne devrais pas t’attacher à un membre de l’expédition.

    — Qui t’a parlé de s’attacher ?

    Shaïli eut un petit sourire désabusé.

    — N’empêche, avoue que tu étais distrait.

    — Ouais… tu as raison. J’ai été stupide sur ce coup. Quand je pense que c’est dans ce genre de conditions qu’on a perdu… enfin, tu le sais.

    Vingt ans auparavant, leur mère avait tenu à accompagner de nouveau son intrépide mari dans ses explorations, alors que leurs enfants étaient tout jeunes. Un scorpide l’avait tuée dans le désert rocheux du Calsynn.

    Shaïli soupira, les yeux dans le vague.

    — Je me souviens à peine d’elle.

    — Tu étais encore très jeune, dit Palden en posant une main sur l’épaule de sa sœur. Je m’en rappelle plus très bien non plus, en fait…. Désolé.

    — Pas grave, répondit-elle en reniflant. Allons manger, ça doit être prêt. Manticre grillée au menu… on a aussi trouvé des fruits comestibles, d’après les kits d’analyse.

    Ils rejoignirent le reste du groupe autour du feu, pendant qu’une partie de l’équipe montait la garde. Ils partagèrent un repas relativement frugal pour leur nombre, puis ne tardèrent pas à aller dormir.

    Construites uniquement avec des matériaux de la forêt, les cabanes primitives n’offraient qu’un confort spartiate. Elles abritaient quand même des intempéries avec leur toit couvert de grandes feuilles, leur plancher surélevé. La journée avait été bien remplie et ils se reposèrent malgré tout. Il fallait être en forme pour continuer leurs explorations dès l’aube.

     

     

    C’est sous un ciel pluvieux qu’ils se réveillèrent le lendemain. La forêt était envahie par la brume.

    Le feu avait été entretenu pendant la nuit à tour de rôle par les sentinelles, mais ils restèrent dans leurs abris de fortune pour partager le petit-déjeuner, en regardant la pluie tomber d’un œil maussade. Leur sommeil avait été interrompu par plusieurs passages d’animaux nocturnes, dont deux attaques de prédateurs heureusement repoussées.

    Ruby était encore faible. Avec la chaleur et l’humidité omniprésentes des tropiques, la moindre blessure pouvait ouvrir la voie à une infection.

    Ils décidèrent de s’établir plusieurs jours à cet endroit, de renforcer et d’agrandir leur campement tout en explorant le secteur. Il fut convenu de se diriger plein sud pour établir un deuxième bivouac potentiel, délimiter les limites d’un premier terrain à conquérir.

     

    La pluie cessa enfin dans la matinée.

    Les explorateurs utilisaient régulièrement leurs vibrolames dentelées pour se tailler un passage dans la végétation détrempée. Ils croisèrent de nombreux animaux, la plupart s’enfuyaient à leur approche. Leur progression dans la forêt sauvage se fit d’autant plus lente que chacune de ces rencontres fut une découverte.

    Leurs yeux exercés évaluèrent tout de suite de nouveaux éléments parmi ce qu’ils contemplaient. À mesure qu’ils avançaient dans cette nouvelle région, les espèces qu’ils connaissaient se mêlaient à d’autres, encore inconnues. Leur expédition prit alors une tournure tout à fait différente.

    Ils se mirent à scanner des plantes, des roches et des animaux inoffensifs qui se laissaient approcher. Prendre des mesures, des captures d’image en trois dimensions, récolter des échantillons.

     

    Comme leur père, Shaïli et Palden étaient des biologistes avant d’être des explorateurs. Elle était spécialisée dans la botanique, lui dans la zoologie. La plupart des membres de ce groupe avaient suivi une formation scientifique. Il y avait aussi un chimiste, une géologue, un médecin et son infirmier, des experts en armes ou en techniques de survie, différents techniciens pour assurer l’entretien du matériel…

    Ils furent impressionnés par l’ampleur de ce qu’ils découvraient.

    La faune et la flore déployaient ici une incroyable diversité. Des plantes singulières cohabitaient avec des espèces connues, des insectes étranges dont certains luminescents, des champignons omniprésents. La traversée d’un simple kilomètre pouvait maintenant leur prendre des heures.

    Certains commencèrent à réaliser qu’ils s’étaient montrés arrogants, en arrivant dans cette contrée insolite et débordante de vie comme dans un territoire conquis d’avance.

     

    Quand arriva la mi-journée, ils firent une pause pour se restaurer en haut d’une butte s’élevant dans une clairière. La chaleur était moite dans la jungle après la pluie. Des trouées de lumière bleue s’élargissaient parmi les nuages, le soleil les gratifia bientôt de brèves apparitions.

    Vers l’est, un groupe d’arbres-montagne dominait le paysage vallonné et brumeux qui se présentait à leur regard. Tous de la même espèce, ils avaient un bois gris et noueux, des formes tourmentées. Ils se montraient aussi particulièrement impressionnants dans leurs dimensions. Leurs immenses feuilles rondes se paraient d’un beau rouge sombre.

    — Que ces arbres sont majestueux… murmura Shaïli.

    Les humains avaient déjà vu quelques végétaux titanesques de ce type en Nemosia, mais contrairement à ce qu’ils imaginaient trouver, la Valoki abritait des espèces nouvelles, étonnantes. Plus imposantes encore et en grand nombre.

    Il s’agissait des premiers luvalianes jamais aperçus par des humains. On raconte que Shaïli les baptisa ainsi elle-même, comme la plupart des végétaux endémiques de la Valoki, à mesure qu’elle les recensait. Certains n’obtinrent leur nom définitif que plus tard, lorsqu’elle se trouva à la tête d’une nouvelle nation.

    À ce moment, personne ne pouvait encore se douter du destin tragique et grandiose qui allait bouleverser sa vie. Peu de détails semblaient la différencier de son frère et de leurs compagnons… tellement de choses allaient changer.

     

    Mais nos jeunes explorateurs avaient pour le moment des préoccupations plus pragmatiques. Après un bref repas constitué de rations froides, ils se remirent en route.

    Plus loin ils découvrirent un cénote, imposant gouffre creusé et rempli par les pluies dans les roches karstiques de cette région. L’eau était limpide sur plusieurs mètres, turquoise. Ils ne pouvaient en voir le fond qui se teintait en dégradé vers le bleu le plus sombre.

    — Quelles couleurs ! s’exclama Solveg.

    — Ça donne envie de se baigner par cette chaleur… glissa Bert. Pas vrai, Palden ?

    Une partie du groupe pouffa de rire. Le concerné regarda le sol sans répondre.

    — On va faire le tour pour le moment, proposa Shaïli avec un regard en biais vers son frère. Soyez prudents, je détecte pas mal de mouvements de l’autre côté.

     

    En contournant le cénote, ils se retrouvèrent face à d’autres myrmes qui leur barraient la route. Celles-ci se montraient bien plus imposantes et agitées que les pacifiques ouvrières jaunes rencontrées la veille. Elles étaient aussi nettement plus nombreuses. Les nuances nacrées et brillantes de leur carapace verte leur conféraient une apparence métallique.

    (Rhytidoponera metallica. Crédit : Steroid Maximus)

     

    Une bonne partie des myrmes était en train de dépouiller de ses graines une grande plante qui poussait au bord de l’eau. Un autre groupe, au sol, s’affairait à déplacer le cadavre d’une locustrelle qu’elles venaient de tuer. Il fallait être vraiment rapide pour chasser l’un de ses grands herbivores qui pouvaient bondir ou s’envoler à toute vitesse.

    Les humains s’arrêtèrent en hésitant à poursuivre leur chemin, armes à la main.

    Les myrmes les plus proches interrompirent leurs activités presque simultanément. Elles se tournèrent en même temps vers les nouveaux arrivants en agitant curieusement leurs antennes. Les insectes semblaient s’interroger sur le comportement à adopter devant ces étranges créatures bipèdes à la peau tendre qui osaient pénétrer sur leur territoire. Les humains émettaient des substances chimiques totalement nouvelles. Ces intrus peu nombreux pouvaient-ils représenter une menace sérieuse ?

    Les myrmes prudentes échangèrent brièvement un message olfactif et ce furent des soldates, plus grandes, qui s’avancèrent pour protéger les ouvrières. Ces dernières se focalisèrent à nouveau sur leur objectif principal : ramener de la nourriture à leur colonie.

    Une dizaine de soldates agressives s’avancèrent vers les humains en ouvrant ostensiblement leurs mandibules menaçantes, aussi longues que des sabres. Chacun de ces insectes combattants mesurait quatre mètres de long.

    — Tout le monde derrière moi ! dit Bert en déverrouillant sa sulfateuse meurtrière.

    Le groupe d’explorateurs se resserra de part et d’autre derrière le mitrailleur. Rester dans sa ligne de tir était la dernière chose à faire. Les myrmes continuaient d’approcher.

    — Tous prêts à faire feu ! lança Palden avec anxiété. Coup de semonce !

    Bert tira une rafale en l’air. Les soldates reculèrent instinctivement, mais d’autres surgissaient de la jungle derrière elles. Alors que les ouvrières se précipitaient hors de vue pour emmener leurs prises, des dizaines et des dizaines de myrmes combattantes affluaient.

    En l’espace de quelques secondes, les humains se retrouvèrent face à une armée. Toute la forêt semblait remplie d’insectes verts aux carapaces brillantes et irisées.

    — Mauvaise idée, le coup de semonce… reconnut Palden. On recule, que tout le monde reste calme !

    — On doit être à côté de leur nid, c’est pas possible qu’il y en ait autant ! observa Curtis.

    Le groupe se replia lentement à reculons. Les myrmes avançaient inexorablement. Des centaines de paires de mandibules prêtes à les tailler en pièces. Des mouvements partout derrière eux, il en arrivait maintenant de tous les côtés.

    Les explorateurs se figèrent. Ils étaient complètement cernés.

    — Super… dit Bert. On fait quoi, maintenant ?

     

     

     

     



     


  • Légendes valokines (1) : Les explorateurs

     

    Vallée des Mousses – Année 79 du calendrier planétaire

     

     

    — Je ne suis pas fâché de quitter les marécages, dit Palden.

    — Moi non plus, reconnut Shaïli. Mais je m’inquiète un peu de ce qui nous attend dans ces jungles…

    Depuis la petite colline qui marquait l’orée de la vallée des Mousses, le frère et la sœur parcouraient du regard le paysage qui s’offrait à leurs yeux.

    Comme la Nemosia toujours en cours de colonisation, découverte par leur père quelques années auparavant, il s’agissait d’un immense territoire au climat tropical. Encore vierge de toute présence humaine, la Valoki s’avérait bien plus luxuriante, dépourvue de savanes sèches. Elle ne semblait attendre que d’être explorée à son tour.

    Maintenant que Ramesh Angama était trop âgé pour entreprendre lui-même ce genre d’aventure, ses enfants prenaient la relève. Leur père leur avait transmis toutes ses connaissances sur la flore et la faune de cette planète mystérieuse, ainsi que de nombreuses techniques de survie leur permettant de subvenir à leurs besoins vitaux dans ces contrées hostiles.

    L’enfance de Palden et Shaïli avait était bercée par les fabuleux récits de leur père. Devenus adultes, ils avaient participé modestement à quelques découvertes en Nemosia pendant plusieurs années, puis ayant fait leurs preuves, avaient pris tout récemment la tête des opérations.

    Accompagnés d’une vingtaine d’autres explorateurs, le frère et la sœur contemplaient les forêts sauvages d’un œil critique. Il était temps de choisir un chemin pour leur équipe.

    Le bruit d’un moteur attira leur attention derrière eux. Un appareil volant s’apprêtait à atterrir au pied des falaises nemosianes, dans le petit village en pleine construction au cœur de la vallée des Mousses. Une navette de ravitaillement pour cette nouvelle colonie qui allait prendre le nom de Rizom.

    — Derrière nous, la civilisation avance, lança fièrement Palden.

    — Et devant nous… l’inconnu, dit Shaïli en souriant.

    Ils se tournèrent à nouveau vers le sud inexploré.

     

     

    La végétation exubérante envahissait le paysage dans une impressionnante explosion de vie. Parfums subtils, formes et couleurs somptueuses. Infinie variété de plantes s’élançant dans toutes les directions, certaines entrelacées dans une lutte sans merci, d’autres en parfaite symbiose. Une rivière, rendue trouble et impétueuse par de récentes pluies, ondulait paisiblement avant de disparaître dans la forêt émeraude.

    Les deux meneurs du groupe venaient de se mettre d’accord.

    — On va longer ce cours d’eau pour le moment, proposa l’aîné à voix haute. Ses berges semblent rocheuses et moins denses en végétation. Tout le monde est prêt ?

    La troupe d’explorateurs intrépides acquiesça dans un bel ensemble, ils se mirent en route.

    Outre Palden et Shaïli, il y avait aussi Ruby, Nami, Bert, Harald, Linh, Torsten, Solveg, Curtis… Tous portaient de lourds sacs à dos, des armes à feu, du matériel de survie, des vivres et divers appareils de détection. Tous étaient jeunes mais relativement expérimentés pour ce genre d’aventure.

    Ils furent les tout premiers humains à fouler la Valoki.

     

     

    Leur avancée fut facile dans un premier temps, et nos jeunes aventuriers se montraient enthousiastes, pleins d’assurance. Ils ne voyaient guère de différence avec le sud de la Nemosia, pour le moment, qui n’avait pas été trop difficile à conquérir. De plus, il y avait déjà quelques semaines que la vallée des Mousses était colonisée. Tous les insectes du secteur avaient été mis en fuite ou exterminés.

    À cette époque, les humains ne savaient pas faire autrement que s’accaparer leurs territoires par la force.

     

    Palden avançait en tête, arme au poing. Il était suivi de près par Ruby, sa petite amie du moment. Une parmi tant d’autres qui s’ajoutaient à son autre tableau de chasse, celui de séducteur.

    Shaïli se tenait juste derrière eux, détecteur à la main. Elle avait les yeux sans cesse en mouvement entre son écran, le sol devant ses pieds et la surveillance directe des alentours.

    La végétation géante restait trempée depuis les dernières averses. Des nappes de brouillard s’élevaient de la forêt çà et là, tandis que le soleil faisait quelques percées entre les nuages encore nombreux.

    Le groupe dut contourner un immense arbre-montagne qui plongeait ses racines dans la rivière boueuse.

     

    — Attention ! s’écria Curtis en pointant son fusil sur leur gauche.

    Une arane monstrueuse s’avançait discrètement vers eux, en partie cachée derrière des feuillages. Son corps et ses huit pattes étaient recouverts d’une fourrure sombre irisée, jetant des reflets multicolores alors qu’elle passait dans un rayon de lumière entre les arbres.

    Shaïli était la plus proche de la créature. Elle lâcha son détecteur de mouvements pour saisir son fusil, tout en observant, fascinée, la grâce de ses déplacements au ralenti. L’arane était d’abord restée prudemment immobile alors que les explorateurs approchaient. Elle bougeait à présent si lentement que l’appareil ne l’avait pas détectée. D’abord alléché par l’arrivée de proies potentielles, le prédateur semblait hésiter devant leur nombre.

    — Beurk ! s’exclama Ruby. C’est vraiment moche, ces saletés.

    L’arane commençait à battre en retraite quand une puissante déflagration éclata. La créature reçut la balle explosive en plein thorax. Palden n’avait pas hésité à ouvrir le feu pour se pavaner devant sa petite copine.

    Cette première détonation donna le signal à d’autres membres du groupe qui ne demandaient qu’à défouler leurs pulsions agressives pour oublier leur peur. Un déluge de balles s’abattit sur l’arachnide. L’animal tenta de fuir mais les impacts creusèrent des trous profonds dans son corps, deux de ses pattes furent sectionnées. Criblée de projectiles, sa grosse tête fut même réduite en bouillie sous la violence des dernières rafales.

    — Cessez le feu ! cria Shaïli. Vous ne voyez pas qu’elle est morte ? Bande de crétins !

    Le cadavre velu était encore agité de convulsions, mais son état ne laissait aucun doute. C’était une boucherie. Ils ne lui avaient laissé aucune chance d’en réchapper.

    — Tu devrais plutôt nous remercier ! lança Ruby avec mépris. Elle n’aurait fait qu’une bouchée de toi.

    — N’importe quoi ! s’énerva Shaïli. Vous avez bien vu qu’elle était en train de reculer !

    Ruby s’avança vers elle d’un air menaçant.

    — Espèce d’ingrate, ferme ta grande…

    — Ça suffit, vous deux ! coupa Palden. Shaïli a raison, on vient de gaspiller un max de munitions. Ma balle aurait suffi à la mettre en fuite.

    — Pfff, souffla Ruby. Toujours à défendre ta sœur, hein ?

    — Allez, en route, dit-il sèchement. On n’a pas toute la journée.

    Les deux filles se lancèrent un regard noir, puis chacune entreprit de faire comme si l’autre n’existait pas.

     

     

    Leur progression devint difficile au fil des heures. La végétation se faisait de plus en plus dense, même au bord de l’eau. Les arthropodes de plus en plus nombreux. Pour ne rien arranger, les nuages se rassemblaient à nouveau. Le vent agitait les branchages de la forêt géante.

    Ils croisèrent une troupe de myrmes jaunes qui s’affairaient à transporter de grandes feuilles. Devant un tel nombre, la peur poussa les jeunes humains à pointer leurs armes aussitôt. Ces insectes se montrèrent pacifiques et curieux, inconscients du danger. L’une des myrmes posa son fardeau pour s’approcher de Bert. Le jeune homme du groupe de tête portait une imposante mitrailleuse rotative.

    — Éloignez-vous de ma ligne de tir, dit-il à ses coéquipiers en déverrouillant le cran de sécurité de son arme. Si cette bestiole s’approche encore, j’allume toute la famille.

    À cette époque, il n’existait pas encore de diffuseurs de phéromones pour repousser les insectes. Les explorateurs tiraient parfois simplement des coups de semonce avec leurs armes pour les faire fuir. Il leur arrivait aussi de massacrer les animaux qui croisaient leur route, en théorie seulement quand ces derniers représentaient une source potentielle de danger.

    — Attends ! dit Shaïli. Je ne crois pas qu’elles nous veuillent du mal.

    (crédit photo : AJC1)

     

    Une des myrmes était à présent si proche de Bert qu’elle touchait presque son casque avec ses antennes. Le jeune homme eut un brusque mouvement de recul et la myrme fit également un petit bond en arrière.

    — Je préfèrerais quand même qu’elles restent à distance, grogna-t-il.

    — On dirait qu’elles ont aussi peur que toi, railla Palden.

    — Très drôle, répliqua Bert. Tu veux venir à ma place ?

    Palden eut un petit rire et tira une salve en l’air. Les myrmes s’égaillèrent aussitôt pour disparaître dans la jungle tropicale.

    Shaïli souffla bruyamment.

    — Et ça, ce n’est pas du gaspillage de munitions, peut-être ?…

    — Assez marché pour aujourd’hui, décida Palden en ignorant la remarque de sa sœur. Si on veut monter un campement digne de ce nom, il est temps de s’y mettre.

    Les champs de force n’étaient pas encore au point, en ce premier siècle, et ils demandaient des quantités phénoménales d’énergie. Mais les explorateurs disposaient d’un autre atout pour repousser les arthropodes géants. Comme tout animal sauvage, ceux qui peuplaient ce monde craignaient le feu.

    Pendant qu’une partie du groupe surveillait attentivement les environs, armes à la main, les autres déballaient des affaires. Un grand cercle de pierre fut monté pour abriter le foyer dont les première flammes ne tardèrent pas à s’élever vers le ciel. Certains réunissaient quantité de bois sec pendant que d’autres montaient des cabanes avec des rondins, des branches entières et de larges feuilles, le tout renforcé à l’aide de grosses pierres.

    Quand le campement fut opérationnel, ils firent un compte-rendu de leur progression à la colonie de Rizom par radio. Puis ils se répartirent en plus petites sections et chacune se vit attribuer un tour de garde.

     

    Alors que la journée touchait à sa fin, Ruby proposa à Palden d’aller se baigner. Il se laissa convaincre et le couple s’éloigna vers un coin tranquille de la rivière, sous le regard désapprobateur de Shaïli. Mais personne ne leur dit rien.

    Ruby se jetait dans les bras de Palden en l’embrassant fougueusement. En arrivant devant le cours d’eau, elle entreprit de se déshabiller en jetant ses vêtements n’importe où, tout en courant vers la rivière. En petite tenue, elle se tourna vers son compagnon avec un sourire aguicheur.

    — Allez viens, gros bêta. C’est à toi de m’enlever le reste !

    Palden posa son arme en soupirant, s’appuya contre un rocher et entreprit d’enlever ses chaussures.

    — C’est pas très prudent, dit-il. On devrait plutôt… Ne bouge surtout pas !

     

    (crédit photo : Luc Viatour)

     

    Une énorme manticre se tenait juste à côté de la jeune femme. Le camouflage de la carapace brune lui donnait l’aspect rugueux d’un tronc d’arbre. La position de ses grandes pattes ravisseuses évoquait une prière funeste. Ruby tourna la tête vers l’insecte prédateur en étouffant un cri.

    Palden tendit lentement une main vers son arme posée à côté sur le rocher. Surtout pas de geste brusque. La tête triangulaire de la créature fixait Ruby de ses gros yeux globuleux. Les mandibules claquèrent en se penchant devant le visage de la jeune femme, elle poussa un hurlement.

    Les pattes ravisseuses se déployèrent à toute vitesse et la saisirent pour l’attirer vers elle. L’énorme insecte saisit sa tête entre ses puissantes mandibules.

    Scrotch !

     

     

     



     


  • Lexique de la planète

    (Mis à jour le 07/05/20)

     
    Voici un lexique permettant aux lecteurs et lectrices de s’y retrouver avec les termes exotiques propres aux romans.

    Cet article nettement plus long que les autres n’est pas destiné à être lu d’une seule traite, mais à accompagner et compléter la lecture des romans selon les termes rencontrés. Il est fort probable que ce lexique tende à s’enrichir de nouveaux mots, au fur et à mesure du développement de nouvelles publications liées à cet univers.

    Si certains mots figurant ici ne sont pas présents dans les histoires déjà publiées, ils feront leur apparition dans d’autres ouvrages concernant la planète Entom Boötis.
     

    A

    Akoumbé : capitale de la Nemosia, située dans la partie centrale du pays sur le parcours du fleuve Nemos.

    Ambremiel : pierres translucides de couleur ambrée, issues de la cristallisation extrême du miel des aporims. Les moniales de l’ordre Ophrys sont les seules à en porter.

    Aporim : insecte social butineur, vivant en colonies et produisant du miel avec le nectar de certaines fleurs géantes. Espèce alliée aux Sœurs Ophrys.

    Arane : nom vernaculaire désignant l’ensemble des espèces d’arachnides sur Entom Boötis.

    Arbres-montagne :  végétaux les plus imposants jamais recensés sur cette planète ou une autre. Ils peuvent mesurer plusieurs centaines de mètres de haut et vivre des dizaines de milliers d’années. Leur taille gigantesque leur permet d’abriter de nombreuses colonies d’insectes et même quelques villages arboricoles.

    Arcoshaï (contraction des termes arcologie et Shaïli) :  moniale de l’ordre Ophrys spécialisée dans les constructions architecturales et les relations avec les terims, les insectes bâtisseurs. Elles portent des robes gris-bleu.

    Armaz : immense océan unique, occupant principalement la partie occidentale de l’hémisphère nord.

    (Arbre-montagne juvénile)

     

    B

    Batumen (terme issu de l’entomologie terrienne) :  un des matériaux de construction des aporims. Il s’agit de géopropolis mélangée avec de la cire secrétée par les ouvrières.

    Belirave : tubercule populaire des régions tempérées à froides, une épaisse peau rugueuse de couleur brune protège sa chair blanche.

    Buhsi : communauté semi-nomade vivant dans le Calsynn, dont le mode de vie primitif est pratiquement exempt de technologie. Vivent principalement de l’élevage et la chasse d’insectes.

    C

    Calsynn : vaste étendue aride située aux confins nordiques de la Ceinture Tropicale, frontalière avec le Tharseim au nord et la Nemosia au sud.

    Castes: elles sont au nombre de sept pour organiser le fonctionnement de la société du Tharseim. Chaque caste est représentée par une couleur. Un ou plusieurs triangles de la couleur appropriée désignent le rang et la caste de chaque personne sur les tenues noires des nordiques.

    Celtica : principale mégapole de la partie orientale du Tharseim, au bord de la mer du Silence.

    Cilide (dérivé du nom latin des moustiques terriens « culicidae ») : insecte ailé des zones humides tropicales, se nourrissant à l’origine exclusivement de l’hémolymphe d’autres espèces d’insectes. Montre une prédilection pour le sang chaud des humains depuis l’arrivée des premiers colons.

    Citrimone : plante médicinale herbacée poussant dans les régions tropicales, recouverte d’un duvet blanchâtre et dégageant un fort parfum citronné.

    Copoce : crustacé terrestre possédant quatorze pattes, capables de se replier dans leur carapace conique extrêmement résistante. Lucifuge, affectionne particulièrement les grottes.

    (Calsynn)

     

    D

    Daruba : arbre-montagne extrêmement toxique des forêts de Valoki. Lors de leur cérémonie d’admission, les Matria de l’ordre Ophrys consomment l’élixir de Daruba qui les rend irrémédiablement stériles.

    Désert Agriote (du nom d’un coléoptère terrien) :  situé au cœur du Calsynn dont il occupe la plus grande partie, ce désert chaud est le plus vaste de l’hémisphère connu.

    Dji : infusion constituée d’un mélange de plantes aromatiques originaires de Valoki, souvent agrémentée d’épices et de miel. Son usage s’est répandu à tout l’hémisphère en raison de sa saveur agréable et ses nombreuses propriétés médicinales.

    Dogou : ville portuaire nemosiane située sur les rives orientales de l’océan Armaz, devenue la principale ville maritime de la Nemosia depuis la chute de Meriv.

    Droselle : sorte de petites mouches butineuses mesurant une trentaine de centimètres d’envergure. On trouve des droselles partout mais elles ont pratiquement disparu du Tharseim. Une espèce endémique vit dans le désert Agriote où elles représentent les seuls insectes pollinisateurs. Les battements de leurs ailes sont si rapides qu’en vol elles semblent entourées de parenthèses transparentes.

    Drosine : cousins des droselles habitant les zones marécageuses, ces insectes volants se nourrissent principalement de végétaux en décomposition. Leurs larves dévorant les racines sous la terre, leur prolifération est nuisible pour les cultures.

     

    E

    Elgadir : plus grande ville du Calsynn et seule agglomération d’importance sur les côtes calsy de l’océan Armaz. Elle est considérée comme la capitale bien qu’aucune administration centrale ne gouverne ce pays.

    Eniapur : cité principale de la province de Hivao, sur les côtes occidentales valokines au bord de la mer de Nacre.  Proche du célèbre archipel des pêcheurs de coquillages, elle est considérée comme la capitale maritime de la Valoki.

    Enil: la plus grande des deux lunes de la planète Entom Boötis, de couleur blanc bleuté. Les mystiques la considèrent comme un symbole de sagesse et de pureté. Il lui faut 31 jours pour compléter sa période de révolution autour de ce monde.

    Entom Boötis : cinquième planète du système Tau Boötis, dans la constellation du Bouvier (la planète est fictive mais ce système solaire existe réellement).

    (Entom Boötis)

     

    F

    Fingsa : plante des régions tropicales à semi-désertiques, produisant des feuilles et tubercules comestibles. Très répandue dans le Calsynn (près des points d’eau) en raison de sa relative résistance à la sécheresse.

    Fouettard (voir Miroiveugle ou Voïd) : surnom péjoratif donné aux officiers exécuteurs du Tharseim par les Thars eux-mêmes.

    Frangeris : pâtisserie valokine très populaire à base de samuca, de quelis, de miel et de graines de luvaliane moulues.

     

    G

    Gantacle (franglais, contraction de gant et « tentacle ») : arme tharse réservée aux redoutables exécuteurs Voïd. Gant métallique dont les doigts peuvent s’allonger en tentacules souples pouvant atteindre trois mètres de long, disposant d’un système électronique démultipliant la force du porteur tout en lui assurant une grande précision.

    Géopropolis (terme issu de l’entomologie) : matériau de construction des aporims. Amalgame de terre et de propolis.

    Ginkgo : village de la province de Leda en Valoki, en partie arboricole, situé dans un secteur rocheux pour la région.

    Glacière : immense canyon situé à la frontière sud du Tharseim, continuellement à l’ombre. Ce secteur s’étend tout le long de la Muraille de Rouglace au pied du versant nord.

    Guerre des Menteurs : période trouble de l’histoire qui vit s’affronter l’ordre Ophrys et les services secrets du Tharseim par des moyens indirects et pernicieux, pendant 21 ans.

     

    H

    Habako : famille royale de Nemosia dont le règne a débuté avec l’indépendance du pays, deux siècles avant le premier roman.

    Hacrif : insecte volant carnivore habitant les jungles équatoriales. L’un des plus terribles prédateurs du Kunvel.

    Harfang (nom d’une espèce de hibou polaire sur la Terre) : capitale du Tharseim, gigantesque mégapole de 400 millions d’habitants s’étendant sur des milliers de kilomètres carrés, elle-même entourée d’une zone industrielle encore plus vaste. C’est la plus grande ville de la planète, 20% des Thars habitent la capitale.

    Hivao : province valokine située sur les côtes occidentales de l’océan Armaz, essentiellement maritime et constituée d’un grand archipel. Région célèbre pour ses immenses mangroves et les perles précieuses extraites de la mer de Nacre.

    (Harfang)

     

    I

    Involucre (terme issu de l’entomologie et de la botanique terriennes) : structure interne des ruches des aporims qui sert à consolider la construction et à protéger le couvain. Mélange de propolis et de cire, l’involucre est fait de grandes lames étirées, aériennes, qui relient les différentes parties de la ruche.

     

    J

    Jailong : province valokine la plus au nord du pays, longeant la frontière nemosiane. Loin d’être une région industrielle, le Jailong a cependant beaucoup plus développé son agriculture que les deux autres provinces. On y rencontre le plus grand nombre de machines en Valoki.

    Jojuba : arbuste mellifère dont l’écorce est blanche à beige, les feuilles bleutées sont ovales et dentelées. Ses fleurs violettes très parfumées sont particulièrement prisées par les insectes butineurs . Mais malheureusement pour eux, cette plante concentre la pollution atmosphérique dans sa sève et son nectar.
     

    K

    Kalem : plante herbacée de Valoki ressemblant à de la bruyère géante. Envahissante, elle pousse dans des clairières qui deviennent progressivement des champs de kalem. Les fleurs ont les couleurs du feu, nuances de jaune, orange et rouge, et forment des grappes de clochettes très appréciées des insectes butineurs.

    Khelz : monnaie valokine constituée de cristaux taillés en losange, de couleurs et de tailles différentes en fonction de leur valeur.

    Koré (« jeune fille » en grec ancien) : apprentie adolescente de l’ordre Ophrys. Les Koré sont âgées de 12 à 19 ans, elles ne sont pas encore titulaires et portent des robes vert pâle.

    Kunvel : jungles noires impénétrables situées sur l’équateur, constituant la frontière du territoire habitable pour les humains. Aucun explorateur n’en est jamais revenu.

    (Kunvel)

     

    L

    Lamentine : arbre géant dont l’écorce est brune et les feuilles très fines et dentelées, translucides, sont d’un vert très pâle. L’ensemble de la plante est toxique pour les humains. La sève de lamentine, seule partie consommable, constitue une boisson tristement célèbre pour ses propriétés euphorisantes. Elle s’avère aussi hautement addictive.

    Lao Bang : ville principale de la province du Jailong, au nord de la Valoki. Il s’agit d’une cité arboricole bâtie dans un bosquet d’arbres-montagnes. Un monastère de l’ordre Ophrys, presque aussi important que celui de Leda, se dresse à l’écart de la ville.

    Leda : province centrale et capitale éponyme de la Valoki. Entourée de cultures et construite sur une colline, la cité évoque un assemblage de coquillages selon l’architecture traditionnelle de la région, en terre maçonnée avec l’aide des terims.

    Locriste (dérivé du nom vernaculaire « locuste » désignant plusieurs espèces de criquets sur Terre) : insecte herbivore produisant des stridulations par frottements de ses élytres.

    Locustrelle: insecte herbivore cousin des locristes mais de taille plus imposante. Effectuant des bonds gigantesques, qu’elles prolongent en planant dans les airs grâce à leurs petites ailes, les locustrelles sont parfois utilisées comme montures. Contrairement aux locristes, elles ne produisent pas de « chant ». Certaines peuplades consomment la viande des deux espèces.

    Lumine : à l’origine, nom commun désignant une lanterne sphérique et transparente contenant un gaz luminescent dans l’obscurité (la luciférine des lucioles). C’est une invention technologique des Thars, largement utilisée par tous les peuples de la planète. Le terme s’est finalement généralisé à toutes sortes d’objets servant à s’éclairer, y compris par des procédés électriques.

    Luvaliane : arbre-montagne des forêts de Valoki, où il est considéré comme sacré. Son écorce est grise et rugueuse, couverte de nœuds et de crevasses. Les feuilles du luvaliane sont d’un rouge bordeaux très sombre, luisantes et de forme arrondie, presque circulaires. Ses grandes fleurs blanches en forme d’étoile dégagent un parfum très agréable. Le tronc se creuse naturellement d’immenses cavités par endroits, qui servent d’abri à de nombreux insectes, dont les aporims mellifères. On les appelle parfois les « arbres à miel ».
     

    M

    Manil : graminée céréalière poussant uniquement dans les régions tropicales humides, aux épis de couleur rougeâtre. C’est une plante nécessitant beaucoup d’eau et de chaleur, à partir de laquelle on fabrique la farine couramment utilisée dans la cuisine, la boulangerie et la pâtisserie valokines.

    Matria : mères supérieures de l’ordre Ophrys, âgées de trente ans minimum, elles portent une robe blanche en soie et au moins deux pierres d’Ambremiel. Toutes les Matria ont bu l’élixir de Daruba, elles ont renoncé à faire des enfants et consacrent leur vie entière à l’ordre Ophrys.

    Melishaï (contraction du grec ancien « méli », miel, et Shaïli) : élite prestigieuse des Shaïli de l’ordre Ophrys. Les Melishaï sont spécialisées dans la guérison par le Seid, les relations avec les aporims, la production de miel ainsi que des autres produits de la ruche. Elles portent une robe bleu pâle.

    Merdalgue : surnom donné par certains Nemosians à l’ancienne mer Orange, depuis qu’elle est envahie par la pollution et les algues nauséabondes.

    Meriv : cité portuaire établie sur une presqu’île à l’embouchure du fleuve Nemos et de la mer Orange. Ancienne capitale florissante du corail, elle est aujourd’hui en grande partie désertée, en ruines, depuis que les écosystèmes de la mer Orange se sont effondrés.

    Merveillon : nom vernaculaire désignant plusieurs espèces d’insectes butineurs (ressemblant à des papillons géants), dont les grandes ailes colorées peuvent être transparentes, opaques, écailleuses ou lisses, évoquant même parfois l’aspect du métal.

    Miroiveugle (voir Voïd et fouettard) : surnom donné aux officiers Voïd de l’armée tharse par les étrangers, notamment dans le Calsynn.

    Mousserand (ou tisserand des mousses) : habitant du village de Rizom dans la vallée des Mousses. Les techniques des artisans de ce village, pour confectionner des objets décoratifs ou pratiques avec des végétaux, sont tellement particulières et uniques que le terme s’est étendu à toute cette communauté.

    Muca : boisson chaude très populaire, ressemblant au café, tirée des graines de samuca torréfiées.

    Myrme (du grec ancien « myrmêx », fourmi) : insecte hyménoptère terrestre vivant en colonies, selon un système de castes. Il existe un grand nombre d’espèces de myrmes et autant de modes de vie différents. Fait partie des quatre espèces d’insectes sociaux alliées aux Sœurs Ophrys.

    (Myrme)

     

    N

    Navil : fruit à pépins de couleur jaune citron, plutôt rond mais relativement informe et tout bosselé. La consistance de la chair gélatineuse peut faire penser au kaki et son goût ressemble à celui du coing.

    Navilier : arbre fruitier des zones tempérées à froide, aux feuilles caduques très foncées de forme ovale, produisant des fruits comestibles appelés navils qui se récoltent au début de la saison froide. Ses fleurs rouges et parfumées sont appréciées par les Thars pour leur esthétique, pendant le bref été boréal.

    Nemosia : nation centrale de la ceinture tropicale, située entre la Valoki et le Calsynn, dont la capitale se nomme Akoumbé. Essentiellement constitué de forêts et de plateaux vertigineux, c’est un grand territoire au relief marqué de nombreuses falaises. On y trouve les chutes d’eau les plus impressionnantes de toute la planète, en particulier le long du fleuve Nemos. C’est le plus grand cours d’eau de tout l’hémisphère, il parcourt des milliers de kilomètres.

    Neuralvidre : poison mortel synthétique fabriqué par des laboratoires clandestins du Tharseim, interdit par toutes les nations de la planète, le neuralvidre provoque un état d’engourdissement proche de la paralysie. Inodore et incolore, il peut être mélangé à une boisson ou de la nourriture en toute discrétion. Le sujet atteint finit par mourir dans d’horribles convulsions.

    Nurishaï (contraction de nutrition et Shaïli) : Sœur de l’ordre Ophrys spécialisée dans les relations avec les myrmes et la production de nourriture (cultures de plein champ ou souterraines pour les champignons, élevages d’insectes pour le miellat et la viande). Comme les insectes avec lesquels elles travaillent, elles sont omnivores et leurs activités sont très variées. Les Nurishaï sont les sœurs Ophrys les plus polyvalentes, elles portent des robes bleu turquoise.

    Nyam : plante aux feuilles oblongues et luisantes, largement répandue sous les climats tropicaux humides, produisant des tubercules violacés servant d’aliment de base.
     

    O

    Okal : la plus petite des deux lunes de la planète Entom Boötis. Rouge sombre dans la journée et écarlate la nuit, parfois violacée, cette lune est souvent considérée comme maléfique par les superstitieux. Il ne lui faut que 18 jours pour parcourir son orbite autour de la planète. Les éclipses avec Tau et Enil sont fréquentes.

    Okato : grande île nemosiane située sur l’océan Armaz, à l’ouest du continent unique.

    Ombrouge : citadelle calsy située au pied d’une faille dans la Muraille de Rouglace, gardant la frontière entre le Calsynn et le Tharseim. Elle barre le seul passage entre les montagnes à des centaines de kilomètres à la ronde. C’est la ville la plus proche de la Glacière et les Thars y sont implantés depuis plusieurs décennies, au point de contrôler toute la partie nord de la ville, y compris l’aéroport qu’ils ont eux-mêmes construit.

    Ordonnateur : plus haute autorité dans le Tharseim après le Grand Ordonnateur, le chef suprême. Équivalent de ministres, de secrétaires d’État et de conseillers gouvernementaux, ils sont plusieurs dizaines et chacun dirige une branche spécifique de la société nordique. Leurs tenues noires sont ornées de nombreux triangles monochromes en fonction de leur caste. Une bande violette est également présente sur leur col pour les différencier des autres hauts fonctionnaires.

    Ophrys : ordre spirituel féminin fondé sur l’énergie psychique appelée le Seid, ainsi que l’harmonie naturelle et la coopération entre les êtres vivants. Le nom est directement issu du grec « ophrys » (qui signifie sommet, hauteur, ou sourcil) et qui représentait un genre d’orchidées sur Terre. Le monastère principal de l’ordre se situe près de Leda, la capitale valokine.

    Orchis : autre genre d’anciennes orchidées terrestres. Ancienne faction mystérieuse de l’ordre Ophrys, dissoute environ deux siècles avant l’époque de Naëlis et Elorine.

    Ordoshaï (« ordo » en latin signifie « ordre ») : Shaïli de l’ordre Ophrys spécialisée dans les relations avec les vespères. Chevauchant ces grands prédateurs maîtres des airs, elles sont chargées de la sécurité des Valokins. Leurs robes sont bleu nuit, elles portent également des armures de chitine lorsqu’elles sont en service. Seules moniales de l’ordre qui portent des armes, elles ne s’en servent qu’en cas d’absolue nécessité.

    (Okal)

     

    P

    Pango : céréale répandue dans toute la Ceinture Tropicale, y compris dans la zone aride du Calsynn en raison de ses faibles besoins en eau. Les épis coniques sont dorés, produisant une farine largement utilisée dans la cuisine bien que les Valokins lui préfèrent le manil. Fermentées, ses graines servent également à fabriquer la bière de pango, un alcool gazeux très populaire.

    Parx (chaîne de) : massif volcanique situé aux confins du territoire peuplé par les humains, au sud, constituant une frontière naturelle entre la Valoki et le Kunvel équatorial. Les plus hauts sommets de la planète s’y trouvent, notamment le piton d’Okal.

    Phasil : ordre d’insectes herbivores et nocturnes des régions tropicales. Se protègent des prédateurs grâce à un camouflage imitant selon les espèces l’écorce, les branches ou les feuilles des arbres, parfois la mousse ou le lichen. Il en existe de nombreuses espèces aux couleurs et aux formes très variées.

    Piton d’Okal : volcan bouclier dominant la chaîne de Parx, inactif depuis plusieurs millénaires (alt. 9324 mètres). Constamment couvert de glace et auréolé de nuages, c’est le plus haut sommet de la planète.

    Plisme : insecte cavernicole endémique de la vallée des Mousses. Paisibles mangeurs de moisissures et de champignons, les plismes à carapace grise sont élevés par les Mousserands qui raffolent de leur chair ferme et parfumée, évoquant celle de la langouste.
     

    Q

    Quelidal : arbre-montagne des régions tropicales possédant la particularité de changer d’apparence selon son âge. Les juvéniles possèdent un tronc brun très noueux, couvert de boursouflures, de creux et de bosses. Ses feuilles sont vert émeraude. Après cinq cents ans de croissance environ, il commence à changer et ne produira des fruits qu’une fois passé le premier millénaire. À l’état adulte le tronc est devenu vert foncé, les feuilles triangulaires d’un vert pâle presque jaune.

    Quelis : fruits du quelidal de couleur orange, en forme de poires, très appréciés pour leur goût sucré et acidulé pouvant évoquer celui de l’ananas.

    Quinoa : ville notable au nord de la Nemosia, frontalière avec le Calsynn. À l’origine entourée d’une forêt primaire qui fut rasée par l’exploitation intensive du bois. Des plantations d’arbres bien alignés occupent la majeure partie du paysage au sud de la cité, tandis qu’au nord s’étend une gigantesque savane.
     

    R

    Rajiforme (mot français signifiant « en forme de raie », le poisson) : insecte volant de grande taille passant le plus clair de son temps dans les étages inférieurs du Kunvel, où pousse sa nourriture favorite. Paisibles frugivores dont la chair est empoisonnée, ce sont des animaux solitaires planant sur d’immenses ailes membraneuses.

    RIV (Relais des Insectes Voyageurs) : réseau d’auberges et de dresseurs d’insectes ayant assuré les voyages aériens ou terrestres à dos d’insecte sur tout le continent unique, pendant plusieurs siècles. Depuis que les Thars ont fortement développé les moyens de transport mécaniques, le RIV n’est plus utilisé qu’en Valoki et en Nemosia. Récemment, la montée en puissance des tribus de pillards ont obligé les Calsy à renoncer également au RIV dans le Calsynn, au profit des navires volants des nordiques.

    Rizom (voir Mousserands) : grand village divisé en deux parties distinctes et unique agglomération de la vallée des Mousses. La partie troglodyte, creusée au pied des falaises qui forment les plateaux de Nemosia au nord, abrite principalement des élevages d’arthropodes cavernicoles. La seconde partie du bourg, sur le sol, est constituée de huttes couvertes de végétaux servant d’habitations aux Mousserands.

    Rosemir : plante aromatique, décorative et médicinale de la Valoki. Minuscule en comparaison de nombreux autres végétaux de la planète (elle forme des buissons d’un mètre de haut), cette plante est très appréciée des humains pour sa taille, son parfum et ses couleurs. Les feuilles en forme de fuseaux sont bleu turquoise, les hampes de fleurs forment des dégradés qui vont du rouge au bleu, en passant par le rose et le violet. Le parfum peut faire penser à la lavande.

    Rouglace (Muraille de) : immense chaîne de montagnes culminant à plus de 3000 mètres d’altitude, s’étalant d’est en ouest sur une bonne partie de l’hémisphère nord. Elle forme une frontière naturelle entre le Calsynn et le Tharseim. Truffée d’appareils de détection et d’armes automatiques par les nordiques, ses roches friables sont également très dangereuses à escalader. Le seul passage terrestre est barré par la citadelle d’Ombrouge.

    (Muraille de Rouglace)

     

    S

    Saison Ardente : saison sèche en Valoki, correspondant à l’hiver dans le reste de l’hémisphère nord. Pendant trois mois, le climat devient caniculaire, il ne pleut pas et un vent aride dégage le ciel en permanence. Il est formellement interdit de faire du feu à l’extérieur pendant cette période, en Valoki.

    Samuca : arbre de la Ceinture Tropicale produisant des fruits ressemblant à des gros raisins jaunes de la taille de courges. Leur jus constitue un cocktail de vitamines souvent conseillé pendant les périodes de fatigue ou de convalescence. Les graines torréfiées sont utilisées comme élément de base d’une boisson chaude appelée muca très appréciée, souvent accommodée d’épices et de miel.

    Scolendre : grand myriapode carnivore des régions tropicales et arides. Redoutable prédateur venimeux mesurant jusqu’à vingt mètres, il s’attaque pratiquement à tous les insectes et ne rechigne pas à dévorer des humains s’il en a l’occasion.

    Seid : énergie psychique que les premières Sœurs Ophrys ont découverte sur cette planète, 79 ans après leur arrivée. On suppose que cette force étrange a contribué au gigantisme des espèces et au développement de l’intelligence des insectes sociaux les plus évolués.

    Shaïli : jeune moniale âgée de 19 à 30 ans, considérée officiellement comme membre titulaire de l’ordre Ophrys. Toutes les Shaïli portent une robe bleue et une pierre d’Ambremiel.

    Solioque siffleur : insecte orthoptère qui « chante »  en propulsant de l’air dans des tubes de différentes tailles sur son dos, produisant des trilles complexes très agréables pour l’oreille humaine.

    Sparg (du nom latin de l’asperge, « asparagus ») : arbuste grisâtre couvert de piquants, poussant dans le Calsynn, dont seules les toutes jeunes pousses qui commencent à sortir de terre sont comestibles pour les humains.
     

    T

    Tau Boötis : système solaire binaire situé dans la constellation du Bouvier, dont la composante principale est une étoile de type F blanc-jaune, sensiblement plus blanche et lumineuse que le Soleil de la Terre, accompagnée d’une naine rouge lointaine de classe M beaucoup moins massive. Le système Tau Boötis abrite douze planètes mais une seule est habitable (Entom Boötis). Tau est également le nom du soleil sur cette planète.

    Terim : insecte isoptère vivant en colonies dans des constructions colossales de terre. Les terims sont aveugles et se nourrissent principalement de végétaux, eux-mêmes prédigérés par des champignons qu’ils cultivent dans des chambres souterraines. Espèce d’insectes sociaux alliée aux Sœurs Ophrys.

    Tersidjan : grande ville nemosiane située en altitude dans la région des hauts-plateaux. Elle s’est considérablement agrandie depuis la chute de Meriv, une grande partie des Merivois s’y étant installés.

    Teylia : plante aromatique et médicinale poussant exclusivement dans les clairières ensoleillées de Valoki, souvent sur les zones rocheuses. Ses petites fleurs roses très odorantes servent d’aromates, ainsi que les feuilles.

    Thars(e) : habitant(e) du Tharseim. Leur pays a été fondé par la Corporation Nordique dont la doctrine est basée sur les sciences, le commerce, le matérialisme et la domination de l’Homme sur la nature. D’abord humaniste et paritaire, leur civilisation a progressivement sombré dans la décadence, le patriarcat et le cynisme.

    Tharseim : région tempérée à froide couvrant toute la partie boréale de l’hémisphère habitable, depuis la Muraille de Rouglace jusqu’au cercle polaire. Après six siècles de développement, c’est un territoire en grande partie ravagé par l’industrialisation massive et la pollution qui l’accompagne.

    Toïsan : cité maritime située sur les côtes orientales de la Valoki, dans la province du Jailong au bord de l’océan Armaz.

    Tourko : village valokin de la province de Leda dont la spécialité est l’élevage de vers à soie. Ces derniers se nourrissent exclusivement de feuilles de samuca, arbres abondants dans ce secteur.

    Triule : grand myriapode au long corps sinueux possédant trois angles, chacun garni d’une rangée de pattes, leur permettant d’avoir toujours au moins deux rangées de membres accrochées au sol ou au plafond des grottes. Des piques venimeuses couvrent leur corps de mille-pattes. Dans la vallée des Mousses, les habitants de Rizom les élèvent et se servent traditionnellement du poison contenu dans ces piques, pour enduire les flèches de leurs arbalètes ou de leurs sarbacanes.

    (Drapeau du Tharseim)

     

    U

    Urcalium : minerai apparenté au titane, utilisé massivement par les Thars pour la fabrication d’outils, d’armes et d’armures, ainsi que pour la coque de leurs véhicules. Jadis abondant sur l’ensemble de la planète, on n’en trouve plus aux latitudes élevées de l’hémisphère nord. L’urcalium fait partie des ressources du Sud que les nordiques convoitent fortement.
     

    V

    Vallée des Mousses : située au nord de la Valoki, cette vallée forme une immense cuvette humide au pied des falaises qui marquent la frontière avec la Nemosia. C’est une zone marécageuse abritant de nombreuses espèces de mousses, fougères et champignons, ainsi qu’une faune particulière aux milieux humides. La seule agglomération humaine de la Vallée des Mousses est le village de Rizom, ses habitants sont appelés les Mousserands.

    Valoki : vaste nation située au sud de la Ceinture Tropicale, constituant le territoire le plus proche de l’équateur habité par des humains. Séparée du Kunvel par la mer Serpentine et la chaîne de Parx. C’est une société matriarcale fondée sur la coopération et l’harmonie avec la nature. La Valoki est dirigée par les Veneris Matria de l’ordre Ophrys.

    Valokin(e) : habitant(e) de la Valoki. La plupart des Valokins sont assez petits et minces, bruns, avec une couleur de peau allant du jaune au noir en passant par toutes les nuances intermédiaires.

    Veneris Matria : mères supérieures et dirigeantes de l’ordre Ophrys (la « tête » de l’ordre). Elles sont les plus âgées et les plus vénérables des Matria, portant les mêmes robes blanches mais ornées d’un liseré arc-en-ciel.

    Vespères : insectes sociaux volants et dangereux prédateurs. À l’origine des espèces différentes étaient présentes un peu partout, jusqu’aux régions les plus froides pendant la belle saison. Il n’en existe plus aucune dans le Tharseim. Espèce alliée aux Sœurs Ophrys.

    Vinorge : arbuste géant au feuillage vert strié de nervures orangées, produisant des fruits succulents en forme de croissants. Fermentés, ces fruits servent à la fabrication d’une boisson alcoolisée portant le même nom, produite et consommée par l’ensemble de la population humaine sur Entom. Différentes variétés de vinorge existent en fonction des terroirs, les fruits sont mauves ou violets dans les régions tropicales, bleutés dans les zones tempérées. Leurs nombreux pépins peuvent aussi être séchés et utilisés comme une céréale.

    Vogueciel : nom donné à un type d’aéronefs fabriqué par les Thars, disposant de voiles solaires et dont la forme extérieure évoque un galion volant. Les sustentateurs électromagnétiques et les moteurs perpétuels dont sont équipés ces appareils les classent parmi les moyens de transport modernes les moins polluants à l’usage. Mais leur fabrication requiert des matériaux rares et s’avère extrêmement coûteuse.

    Voïd : officier exécuteur de la nouvelle armée d’élite du Tharseim sous le règne de Hirdan Pascor. Drapés de rouge écarlate, ils portent en permanence un masque de métal poli qui cache leur visage et reflète ce qui se trouve devant eux comme un miroir.  Montrant un comportement particulièrement brutal et inhumain, ils sont redoutés même par les Thars.

    (Vallée des Mousses)

     

    W

    Wudest : cité du Tharseim spécialisée dans l’agriculture et l’élevage, gouvernant la région la plus au sud du pays qui est considérée comme le « grenier » de ce pays.
     

    Z

    Zibril : arbre-montagne endémique de la Nemosia, qu’on ne trouve que dans une gigantesque forêt composée uniquement de ces arbres. On pense qu’il ne s’agirait que d’une seule et immense souche qui couvrirait des centaines de kilomètres carrés. Le Zibril est le symbole de la Nemosia, représenté sur le drapeau du pays.

    Zoë-kheria : ensemble des techniques d’utilisation du Seid visant à comprendre, apaiser et soigner les êtres vivants (contraction de « Zoë meta kheria » signifiant « la vie avec les mains », dérivé du grec). Seules les Sœurs de l’ordre Ophrys sont initiées à ces techniques, en particulier les Melishaï.

    Zolkin : monnaie tharse, communément appelée Zolk. Prend la forme de pièces métalliques à sept côtés ou de billets métalliques, si fins qu’ils peuvent être confondus avec du papier.

    (Zoë-kheria)